T I M O R

Galerie photos des tissus en fin texte

 

Avec plus de 29'000 km2, Timor est la plus étendue des petites îles de la Sonde. Sa superficie est partagée [1983] à peu près également entre Timor occidental (NTT) et les territoires de l'ancienne colonie portugaise qui forment aujourd'hui une nouvelle province indonésienne: Timor Timur. [N.B.: la situation géopolitique a totalement changé depuis lors. En 2002 la province a accédé à l'indépendance sous le nom de Timor Leste - note de 2009]. La population (850'000 habitants à l'ouest, officiellement 550'000 à l'est) est composée de plusieurs ethnies. Le port de Kupang a joué, au fil des siècles, un rôle central, commercial et politique en Indonésie du Sud-Est; en fait, sa population est en majorité composée de non-Timorais.

L'intérêt des divers clans ATONI, l'ethnie dominante dans l'ouest de l'île, s'est surtout porté sur leurs propres terres, dans les collines et montagnes. Au nombre de leurs activités il faut compter la production vivrière, l'élevage (caprins, bovins et chevaux), l'exploitation du bois de santal, la culture de l'indigo, etc. Le souvenir de la chasse aux têtes ritualisée, qui cessa au début de ce siècle, persiste dans le costume pilu saruf, qui est encore porté.

Les tisserandes de Timor, à l'ouest comme à l'est, sont d'une grande habileté et maîtrisent souvent plus d'une technique complexe; elles ne se contentent pas de réaliser de beaux ikat mais décorent leurs textiles à l'aide de fils supplémentaires, de broderie, de tapisserie ainsi que de larges bandes colorées tissées de part et d'autre des panneaux "ikatés " ou brodés.

La pièce d'habillement la plus caractéristique est le selimut, particulièrement grand à Timor, que les hommes portent noué sur les hanches. Les femmes portent le sarong tubulaire. Le fil commercial et les colorants chimiques sont utilisés depuis longtemps par les ATONI (dès le début du siècle). Les tissus de Timor n'empruntent guère leurs motifs aux sources extérieures habituelles (patola, naga...); le recours à des figures zoo- et anthropomorphes est assez courant dans les régions d'Amanuban (Niki-Niki) et de Miomafo. Il semblerait, de plus, qu'au-delà des motifs, ce soient surtout les couleurs qui revêtent une importance symbolique.

Plus à l'est, les îles du sud de la mer de Banda (province des Moluques), particulièrement Kisar et Tanimbar, maîtrisent la technique de l'ikat de chaîne sur coton.

GEORGES BREGUET / JACQUES MARTIN ©

 

Collection privée JacOdi
Toutes images sont ©