Voyage 2012   -   L A O S ,   la   découverte

 

Blogue : ci-dessous.             Pour les photos, suivre les liens. 

 

Photos placées durant voyage    et   les  Albums finalisés au retour  :  Croisière Mékong,   Luang Prabang,

 

Vientiane,    Tha Khaek,   Pakse,    Vat Phu,   Plateau des Boloven  et    Si Phan Don (les 4'000 îles).

 

                                  

C'est parti !
Par Amsterdam-Bangkok nous rejoindrons dans un peu plus de 24 heures Chiang Rai (Thaïlande), première étape, pré-Laos, de notre petit périple.

Bien arrivés à Chiang Rai, par un autre itinéraire, MAIS sans aucun bagage. Nous sommes légèrement inquiets pour la suite. Par contre en bonne santé et pas trop fatigués après 27 heures de voyage.
A + Jac Odi

LES BAGAGES SONT ARRIVES avec seulement 24 heures de retard et nous sommes aux anges !

Visite du marché de nuit de Chiang Rai ce samedi soir. Il fait 28 degrés le jour et 22 degrés le soir sur les terrasses. Hyper-agréable.

Dimanche 8 janvier à Chiang Rai: découverte de cette petite ville assez tranquille, le dimanche. Visite d'une très belle expo d'art moderne aux Maisons Noires.
Demain lundi, à l'aube (debout à 04:30h.!), ce sera le passage sur le Laos et le début de notre croisière de deux jours sur le Mékong en direction de Luang Prabang. Nous nous réjouissons.

Lundi 9 janvier parcours de 100 km en bonne partie dans le brouillard de l'aube,  de Chiang Mai à Chiang Kong. Charmant passage de douane 'à l'ancienne': on attend que le bureau ouvre pour faire la sortie de Thaïlande; on descend à pied avec ses bagages au bord du fleuve. On monte à bord d'une pirogue qui assure le passage, direction la purée de pois. Après deux cent mètres on voit soudainement l'autre rive: le Laos. On y débarque (tout juste si on ne doit pas mettre les pieds dans l'eau) puis ce sont les formalités d'entrée. Une heure plus tard, c'est fait et nous embarquons... en attendant les retardataires.

MARDI SOIR 10 janvier.
Nous sommes à Luang Prabang, Laos, au terme d'une croisière merveilleuse qui restera gravée dans nos mémoires Près de 300 km de descente du fleuve Mékong au cœur de forêts et d'un habitat très dispersé. Deux / trois arrêts pour visiter des villages (Mong et Lao). Nous avons été frappés par les rochers qui bordent ou jalonnent le fleuve de leurs formes saillantes, ainsi que par certains rapides où se faufilait notre assez grand bateau.


Une escale superbe à Pakbeng dans des bungalows en bois de rose et tek Représentation culturelle sinon authentique (puisqu'organisée pour nous, les touristes) du moins très fraîche et souriante. Les costumes sont beaux (Laos, pays de textiles, essentiellement de soie).
Premiers contacts avec la gastronomie locale, soit à bord soit aux étapes; un régal.

Ici à Luang Prabang, notre hôtel est confortable, mais nous ne sommes pas d'accord avec le coup de cœur du Lonely Planet: il est un peu froid, peu décoré et légèrement à l'abandon. Un bel hôtel, certes, mais un rien 'has been'.
Dès demain et pour cinq jours entiers nous serons ici au Nord du Laos où il fait relativement frais matin et soir.

MERCREDI 11 janvier
Premiers contacts avec cette très charmante bourgade, Luang Prabang, située au bord du puissant Mékong.
Grand charme tenant avant tout à sa situation géographique, à la convergence d'une rivière (Nam Khan) et du fleuve, et à son architecture mêlant style colonial français et nombreux monastères bouddhistes. Il y a bien sûr pas mal de voyageurs, amateurs culturels et/ou trekkeurs (la nature aux alentours offre énormément.. on peut même y apprendre à cornaquer un éléphant).
Petites motos thai ou chinoises, vélos électriques (ou non), tuk-tuk, tout est à disposition.
Les pâtisseries françaises et les dizaines de terrasses de cafés et restaurants sont là pour adoucir encore (si besoin était) les duretés de la vie.
Les berges de sable (le Mékong roule déjà de basses eaux) sont couvertes de légumes verts.
Luang Prabang, ville fondée il y a 1200 ans, vaut vraiment le voyage pour qui aime le dépaysement.. l'écoulement lascif de la vie... et la couleur safran des robes des moines. Nous ajouterons qu'on y mange bien et que d'être réveillés au chant du coq en pleine ville fait vraiment 'vacances'!
Nous sommes désormais tous les deux équipés de no de téléphone laotiens. Chaque soir nous vérifierons en alternance si un message ou un autre est arrivé sur nos lignes suisses. En cas d'urgence, doubler l'info avec des e-mails à toutes nos adresses.

JEUDI 12 janvier
Poursuite de la découverte de cette belle ville où les Français chassés du Vietnam dès Dien Bien Phu (1954) sont curieusement restés jusqu'en 1975, moment de la chute de Saigon et de la déculottée étasunienne cette fois-ci.
Visite d'un centre culturel et ethnographique présentant toutes les ethnies du Laos, de celles du Nord proches des Chinois et des Tibétains à celles des plaines du Sud.
Rencontre ensuite avec un designer Suisse romand vivant à Luang Prabang depuis plusieurs années et tenant, notamment, une superbe galerie d'art. Que de belles choses chez lui. Il encourage aussi un développement écologiquement responsable.
Quelques achats de textiles et de livres. Nous retrouvons notre ouvrage de 1983 (Breguet / Martin) sur les textiles indonésiens cité dans deux livres récents sur les textiles d'Asie du Sud-Est; bouffée d'ego.


Visite de deux petites monastères en ville. Retrouvons Corinne une connaissance britannique de notre récente croisière: cocktails et mohitos sur une terrasse.
Mangeons à un autre coin de rue de notre quartier, dans un minuscule troquet local, presque sur le trottoir.
Demain, nous changeons d'hôtel 500 m. d'ici.
Nous avons téléphoné à la mère de Jacques, à Évelyne au Portugal et au frère d'Odile récemment atteint dans sa santé, et laissé un message sur le répondeur de notre fille. (Merci Skype !)

VENDREDI 13 janvier et SAMEDI 14 janvier
Poursuite de la découverte de Luang Prabang et de ses merveilles. Malheureusement le vendredi 13 ne nous a pas porté bonheur: le nouvel hôtel réservé par Internet n'est pas vraiment bien, relativement bruyant à l'intérieur comme à l'extérieur. Pas de quoi fouetter un chat, toutefois (les boules Quiès n'ont pas été inventées pour rien).
Comme nous l'imaginions, nous mangeons fort bien ici au Laos, que la table soit de celles que fréquentent les touristes soucieux de confort ;-) ou une petite échoppe sur la rue. Et la légendaire BeerLao est fidèle à sa réputation, une bière très agréable; et la brune est également excellente.

Samedi après-midi 14 janvier, nous sommes sortis de ville en taxi-scooter pour rendre visite à la tombe d'Henri Mouhot. Qui est-il? Un naturaliste français qui au cours d'une courte vie consacrée aux plantes et aux insectes dans l'Indochine française d'alors a eu le mérite (ou du moins la chance) de découvrir les ruines d'Angkor dans la jungle épaisse qu'il parcourait (voir le bémol plus bas dans ce paragraphe). Il mourut près de Ban Phanom à une dizaine de km de Luang Prabang en 1861. Sa statue, réaliste, montre un vieil homme au bout du rouleau (alors qu'il n'avait que 34 ans à son décès). Un tombeau bien entretenu rappelle que Mouhot était originaire de Montbéliard. Pour l'accompagner dans sa solitude relative (peu de gens visitent) une statue d'éléphant lui est adjointe. Il est vrai que différents camps d'éléphants sont situés à proximité. La moiteur du lieu (à couvert de grands teks, dont les immenses feuilles sèches jonchent le sol à perte de vue), et les nombreux moustiques écourtent notre pélerinage.
Nous sommes heureux d'avoir eu ce contact avec celui qui, le premier, a ramené des images d'Angkor au grand jour, après 4 siècles d'éclipse, dès la chute du dernier représentant de l'empire khmer. Même si cette éclipse n'était pas totale, les Khmers eux-mêmes n'ayant pas cessé, pense-t-on, de visiter les lieux, même noyés sous la végétation.
A Vientiane nous retrouverons en librairie les papiers de Mouhot (fac-similéé publie par les éditionss Olizane,Genève, en 1999 (Salutations à Matthias !).
On sait que le peuple cambodgien souffre du fait que leur histoire leur ait été dévoilée par les étrangers à la période coloniale et plus tard (Malraux). Et l'on sait combien les Khmer Rouge se sont inspirés de cette grandeur passée dans leur projet fou d'ingénièrie sociale.

DIMANCHE 15 janvier... dernier jour à Luang Prabang. Le soleil et la chaleur sont de la partie. Nous visitons le matin le Vat Visunarath, l'un des plus vieux de LP, qui abrite une superbe collection d'anciens Bouddha. Ceux-ci ont souvent de long bras sinueux séparés du corps, signe de l'appel à la pluie, apprenons-nous.
Puis nous traversons un second petit pont de bambou sur la Nam Kham, dont les rives sont couvertes de jardins potagers. Lunch le long de cette même rivière et échanges en français et en anglais avec de jeunes employés du restaurant. Dans cette conversation comme à d'autres occasions, se ressent le fait que l'école obligatoire se limite à cinq années primaires suivies de 3 de niveau secondaire... dans le meilleur des cas. Les jeunes ont un potentiel, comme tous les ado du monde, mais ici il est souvent inexploité et le point de départ se situe assez bas.
L'après-midi nous traversons le Mékong et visitons le Vat Chom Phet (au sommet d'un bel escalier de 123 marches) puis le Vat Xieng Maen au cœur d'un village. Le dimanche les gens poursuivent leurs activités de la semaine, même si toutes sortes de musique jalonnent notre déambulation, chaque maison y allant de son morceau!
Demain départ pour Vientiane.
Nous avons profité de la pluie, hier pour faire une peu de sauvegarde photographique.

 
LUNDI 16 janvier
Bien arrivés à Vientiane, capitale du Laos. Vol agréable sur le tout nouvel Airbus de Lao airline (qui a recu les deux premiers jets de son histoire en oct-nov 2011. Superbe cabine vert salade très fraiche. Prise USB à chaque siège à cote de l'écran télé [on se demande pourquoi pour un vol de 40 minutes ;-) ].
Notre résidence est super-sympa, un peu la maison de famille des B&B irlandais. Nous sommes devenus les enfants de la maison.... à l'instar de la famille avec deux mouflets qui occupe la chambre voisine... et dont les petits ont vocation à la vocalise (ils partent demain).
Par 30 degrés, notre première sortie nous rappelle que nous avons choisi de venir au chaud (bref: il ne faut pas se plaindre).
Ce soir nous sommes invités à célébrer l'anniversaire du propriétaire (que nous n'avons pas encore vu, au demeurant). Nous avons estimé approprié de lui apporter un cadeau, mais n'avons pas su que lui apporter. Aussi une bouteille de vin rouge - un syrah - et son emballage de fête devrait-il faire l'affaire. Si notre hôte ne boit pas, alors il l'offrira plus loin, tel a été notre raisonnement.
Oui, lectrice, lecteur, vous êtes en droit de vous demander où sont les photos... merci d'être patient-e-s. Sans programme aisé sous la main et avec des computers un peu 'vieillots' ou étranges, le défi est de taille. Tout viendra en temps voulu, car les prises de vues dans ce pays photogénique sont, elles, bien au rendez-vous.


MARDI 17 janvier : en voyage il y a des jours comme ca. Commençons par le début: la fête, la veille, chez notre hôte était superbe. Une cinquantaine d'invités s'y sont succédés et on fait honneur au buffet: deux porcelets grillés et un agneau à la broche, légumes et fruits de la région, nouilles et riz... le tout arrosé, à choix de coca, de Bourgogne, d'eau, de Croze Hermitage (je n'invente pas) et de beaucoup de Johnny Walker Black Label. Bref, le propriétaire de ce guest-house, architecte, est un homme qui a réussi Tout le monde était sur son 31, nous aussi! Bon, ca c'était le début... la partie réjouissante.
La suite fut pour Jacques (qui tient ici la plume) une nuit misérable: malade comme deux chiens. Et ce n'était pas du aux deux verres de rouge français (on ne boude pas son plaisir). Une tourista dont, lors de notre périple de 4 mois en 2010, nous n'avions pas été honorés! Le lendemain, ORS (solution de rehydratation orale), Immodium, thé noir et repos, une banane vers 18:00h. 24 heures entre parenthèses pour Jacques.
Odile a effectué une ou deux visites (dont celle de la bibliothèque nationale) et est revenue avec les bananes, des yaourts et le Rénovateur, l'hebdo en français de Vientiane.

 

MERCREDI 18 janvier: tout est rentré dans l'ordre; Jacques a perdu du poids. La ville nous attend. Nous visitons le Musée national le matin avec une partie sur la préhistoire et l'histoire ancienne en développement (nous n'osons pas imaginer ce que cela devait être avant les récents apports des années 2006-2009). Et une autre partie retraçant l'histoire du Pathet Lao et les différentes luttes ayant mené à l'indépendance Un aperçu très documenté sur les exactions coloniales sous les Français ainsi que sur les pilonnages étasuniens, des années durant, sur ce peuple essentiellement rural mais déterminé et qui avait le tort de virer communiste. Cette seconde partie, pour informative qu'elle soit, sent pas mal sa propagande (le Laos est toujours un pays communiste) et pourrait être actualisée, ce qui la rendrait plus lisible et crédible.


L'après-midi, visite des deux beaux lieux sacrés / musées: Haw Pha Kaeo qui contient des Bouddha anciens parmi les plus beaux qu'il nous ait été donné de voir et Vat Si Saket, réputé pour contenir près de 6000 représentations de Bouddha, dont un certain nombre ayant souffert des guerres entre le Siam et le Laos (poignants bronzes fondus aux 2/3 dans les incendies et les pillages).
Nous n'irons pas jusqu'à dire que Vientiane est une ville agréable; après Luang Prabang, patrimoine mondiale de l'UNESCO propre et à l'environnement préservé, Vientiane fait assez sale et bruyante. Par contre il s'agit d'une des plus petites capitales du monde; imaginez, moins de 300'000 habitants il y a encore quelques années, ce qui la rend supportable. La modestie du Laos surprend le visiteur, p.ex. par ses infrastructures*/ et nous rappelle qu'il s'agit malgré Internet, le DAB / Bancomat et les téléphones cellulaires d'un des pays les plus pauvres de la planète.
Éducation, eau, évacuations des eaux usées, mériteraient un gros coup de pouce; l'éducation surtout avant que la mondialisation ne déroule son sinistre manteau socio-normatif ravalant toutes les cultures au niveau de sous-cultures des Américains ou des Chinois (l'Europe est déjà hors course).


*/ Dans son état actuel (2012) l'aéroport de Luang Prabang ou encore celui de Pakse correspondent aux plus petits aéroports de province en Indonésie d'il y a plus de 30 ans!

Demain nous irons visiter le centre de déminage des UXO (Unexploded Ordnance / munitions non explosées). Si l'on sait que dans cette seule province du centre, 174'000 bombes à sous-munitions, 169 mines antipersonnel, 282'000 bombes de plus de 250 kg, et 108'000 autres bombes variées ont été désamorcées ces dix dernières années, on se rend compte de l'ampleur de la tâche. 25'000 ha ont été rendus à l'agriculture et aux habitants; l'objectif est de déminer encore 170'000 ha supplémentaires d'ici 2020... et à quel coût !? Et, comme pour la crise financière (privatisation des bénéfices / socialisation des pertes), ce ne sont pas les coupables qui paient le gros de la facture, mais plutôt l'ensemble de la communauté internationale (vous, nous, quoi!).

Jeudi 19 janvier, notre dernier jour complet à Vientiane. Ce matin un passage obligé : le stûpa de Pha That Luang. En fait un grand stûpa doré entouré de nombreux autres plus petits, relativement harmonieux (les Français y ont mis la main, par deux fois, avec plus ou moins de bonheur). Le tout est entouré d'une sorte de vaste cloître qui a servi de protection contre les ennemis. C'est le monument religieux le plus important du Laos, siège du bouddhisme national, et il est donc très visité par toutes et tous les Laotien-ne-s qui le vénèrent. Le patriarche suprême vit d'ailleurs tout-à-côté, dans une superbe cure (dirait-on chez nous en pays vaudois) aussi dorée que le reste. Le ciel est bleu Kodachrome et avec tous ces ors, difficile d'éviter les photos cartes-postales.


Ensuite nous avons passé deux bonnes heures au Centre d'information de la COPE qui fabrique des prothèses de membres pour toutes les victimes des bombes et bombilles trainant encore au Laos. Entretien avec un jeune sans bras et aveugle qui a sauté, il y a moins de 4 ans, sur un tel engin dans son village. Pas besoin de beaucoup de statistiques si l'on sait que les USA ont largué (leurs statistiques!) plus de bombes sur le Laos seul que sur toute l'Europe durant la seconde guerre mondiale. Le Laos détient le record historique du plus gros tonnage de bombes reçues par tête d'habitant.
Avons visionné au centre COPE un remarquable film australien 'Moisson de bombes' consacré au déminage du Laos et rencontré une jeune Suissesse travaillant au centre; un bel engagement. Les enfants pauvres des villages sont les premières victimes car le métal se vend bien... entre les grosses bombes (env. 20 USD la pièce) et les autres fragments, l'ordinaire des familles a souvent été amélioré par ce recyclage mortel. De rapport, jusqu'au jour où...
Il y a encore environ 300 incidents par an au Laos, entrainant de nombreux morts et plus encore d'estropiés Nous le savons tous... mais le contact de proximité après vous avoir ouvert les yeux vous empêche de les fermer et de passer à autre chose.

 

 


Nous sommes renforcés dans l'idée que cette guerre (même pas coloniale, mais totalement idéologique) menée par les Étasuniens a été une gigantesque catastrophe humaine à placer sans aucun doute dans l'histoire au niveau d'un génocide ou d'un crime contre l'humanité. Les bombardements indiscriminés et massifs de populations rurales (les régions les plus pauvres) dans un pays à qui jamais la guerre n'a été déclarée, donc sans combats au sol et sans objectif territorial, sont inqualifiables.
Nous avons aussi été impressionnés par l'engagement personnel des démineurs et démineuses.


Enfin nous restons totalement troublés par le fait que des parlementaires suisses jugent inapproprié de ratifier la convention internationale sur les armes à sous-munition (cluster-bombs et autres saloperies). Quelques cassettes vidéo voire un voyage sans guide dans la campagne laotienne pourraient leur faire changer d'avis. Ajouter du scandale au scandale, pour quelques emplois et quelques millions, cela est particulièrement mesquins.

Par contre si la Suisse devait ratifier ladite convention, je serai le premier à offrir quelques bouteilles de vin pour l'apéro qui suivra les premières destructions de notre propres stocks (propres... ici évidemment une simple façon de parler).

Ramenés dans le bagages: une copie de la grande série TV canadienne Vietnam / The ten thousand day war  (Arnett/Basehart) de 1980: 13 émissions d'une heure qui n'ont pas une ride et donnent, aujourd'hui plus que jamais, à réfléchir. Couronnées à l'époque de nombreux prix. Peter Arnett est détenteur du Prix Pulitzer.

 

Petite piqûre de rappel ici, Youtube

 


VENDREDI 20 janvier :   De Vientiane à Tha Khaek en bus. 
A nos ages (nous n'avons plus 20 ans, comme il est coutume de dire) nous appréhendions ce voyage en bus, d'autant que le parcours Luang Prabang - Vientiane (que nous avions choisi de faire en avion) a une réputation exécrable.. ce qui nous a été confirmé par de jeunes voyageurs qui venaient de le faire.
Nous avons donc été 'surpris en bien' en parcourant en 5 heures 30 les 330 km qui séparent Vientiane de Tha Khaek. Le bus était confortable, les passagers calmes, et nous avons échappé aux vidéos et à la musique. Finalement la route, loin d'être parfaite, est assez roulante et souvent rectiligne. Enfin, le chauffeur ne semblait pas avoir appris son métier chez les Kamikaze.
Nous sommes donc arrivés presque frais et dispos au début du sud du Laos, à Tha Khaek, Capitale de la province de Khammuan, sur le Mékong, avec, juste en face, les berges illuminées de la Thaïlande (la petite ville de Nakhon Phanom).

La bourgade est assez vaste... sans tuk-tuk, difficile de se déplacer d'un coin à l'autre. Nous avons opté pour un bon hôtel avec balcon et vue sur le Mékong... pour peu nous nous croirions en vacances ! ;-)

PETIT RATTRAPAGE d'information. Nous avons appris que les deux superbes Airbus reçu en oct/nov 2011 par Lao Airline, dont il a été question plus haut, ont reçu cette belle livrée verte et leur riche équipement... parce qu'ils étaient destinées à la Libye de Khadafi. Nous pouvons parier que la compagnie laotienne a obtenu ces deux avions à bon prix.... en enlevant une épine du pied de l'avionneur européen.

Proverbe de la rue au Laos: ''Si tu as de l'argent tu ne vas pas en prison. Si tu n'as pas d'argent, tu ne vas pas a l'hôpital''.

Ici les chats ont, comme souvent ailleurs en Asie, la queue courte... c'est connu. Mais quelle variété dans ces queues courtes. Avec ou sans mouchets, fières et (modestement) dressées ou au contraire en berne avec une apparence de queue cassée.

Ballade ce matin dans les rues de Tha Khaek; après un voile de pluie à l'aube (étrange pour la saison, nous dit-on), le grand soleil. Sommes interpellés par une dame asiatique, aux allures de touriste, il est vrai, qui nous demande son chemin. La conversation s'engage. Au bout de quelques dizaines de mètres nous apprenons que cette dame d'origine thaï est Suissesse par mariage, vit a Bâle, aimerait, après son divorce récent, venir plutôt s'installer en Suisse romande pour sa retraite. Elle connait bien Vevey. L'un de ses enfants travaille déjà en Suisse, l'autre étudie encore. Nous partageons tout cela sur une terrasse.  



Dimanche 22 janvier
Un dimanche pas comme les autres, passé essentiellement dans des grottes. Le paysage totalement marqué ici par des phénomènes d'érosion typique dit karstique, offre sa belle découpe au regard. Il regorge de grottes parfois traversantes, dont certaines ont vocation religieuse (bouddhiste) et contiennent des trésors amenés là par des moines lors de périodes instables ou pour raison d'ermitage.


La première Tham Pha Nya est d'accès aisé et le site bouddhiste profite du cadre offert par les concrétions (stalactite et stalagmite), sur plusieurs niveaux.
La seconde grotte (Tham Xienglieb) est un pur plaisir pour la petite équipe de 5 que nous formons (un couple de Norvégiens, un géologue italien et nous). Nous y pénétrons au fond d'une petite vallée puis l'exercice commence au milieu des souterrains; un premier lac à l'entrée, un peu d'escalade puis après une descente, un autre lac de l'autre coté de la 'montagne'; de toute beauté, l'eau est pure, il y a des moules et de petits poissons, des chauve-souris, des papillons aux deux entrées.
Ensuite nous contournons la montagne et allons nous baigner un peu plus loin dans ce petit lac, dans une eau d'émeraude au milieu de cette petite brousse avec l'horizon en guirlande de dents vertes et les papillons bleus. La transpiration résultant de l'effort dans la moiteur souterraine est effacée en quelques minutes de brasse en pleine nature. Notre petit groupe (qui se déplace en tuk-tuk avec un sympathique guide anglophone) fait ensuite une pause déjeuner dans un marché rural. Nous renonçons aux petites grenouilles entières cuites en brochette ainsi qu'aux escargots de vase noirs, et nous contentons de poisson, poulet et légumes, de riz, bien sûr, et de quelques bananes. Un régal.

Le bouquet final sera la grotte Tham Pa Fa, à flanc de falaise (150 marches) (re)découverte en 2004 et qui contient 229 statues de Bouddha anciennes, estimées remonter au 13ème/14ème siècle. La topographie de la grotte et sa géologie, est hélas peu visible sous la richesse des infrastructures de sécurité et de ventilation, le lieux étant désormais (re)devenu un lieu de pèlerinage majeur !!!!   Par contre les statues sont superbes. Des merveilles oubliées là par les hommes, probablement durant plusieurs siècles, peut-être après la mort du dernier ermite ou d'un abandon provisoire de la région par les humains. De quoi être ému (photos non autorisées, car lieu sacré... dommage pour vous). Toute la région profite de ce regain d'intérêt et une grande route en latérite est en train d'être construite pour faciliter les visites. Actuellement notre tuk-tuk a du se frayer une partie de son chemin dans le chantier de ladite route.
Une petite averse inattendue nous a bloqué au retour et c'est passablement crottés et humides que nous avons été déposés devant notre hôtel. Comme dans les courses d'école de notre enfance, fatigués mais contents, nous déclarons que la journée fut belle!

 

Lundi 23 janvier
Trajet très agréable de Tha Khaek à Pakse. Nous n'avons guère de mérite ayant loué une voiture rien que pour nous: un confortable mini-bus coréen tout neuf qui nous a poussé de 380km en 4 1/2 h. Repas en route dans une échoppe avec le chauffeur. Notre hôtel à Pakse est sympa (vous verrez le résumé des hôtels dans lesquels nous sommes descendus au Laos in fine).
La ville de Pakse, une autre se situant à la confluence d'une rivière (la Se Done ou Xe Don) avec le Mékong, a un certain charme 'colonial' et les terrasses abondent le long de la rivière ou du fleuve. 
Nous avons essuyé une petite heure de grosse pluie peu après Tha Khaek puis traversé une campagne plate et plutôt pauvre pendant près de 200km. Plus nous nous rapprochions à nouveau du Mékong plus l'irrigation permettant la culture de deux récoltes de riz par an faisait verdoyer la campagne. Quatre-vingt km avant Pakse, le massif de montagne, contrefort du plateau des Bolowen, offrait à nouveau un horizon.


Avons rencontré un ingénieur agro (vétérinaire de formation) qui avait en son temps (celui des frères 'soviétiques et allies') étudié à Prague sept années durant; nous avons pensé a Vladimir... ;-)  Très sympathique ce cadre des services vétérinaire et de la pêche, qui parle encore un peu le français, nous a trouvé le calendrier BeerLao 2012 que nous recherchions pour Mme San au Cambodge et sur lequel nous désespérions de mettre la main avant la fin du mois.
Devant nous: deux jours d'excursions organisées pour nous par un agent de voyage : Vat Phu, au sud, et plateau des Bolowen (plantations d'altitude - café, thé, etc.). Puis nous filerons quelques jours sur les îles de la pointe sud du Laos, à la frontière du Cambodge.

Nous avons celebré notre deuxieme Nouvel An: en effet les Chinois entrent dans l'année du Dragon et, ici, cela n'est pas passé inapercu. Ne serait-ce que par les groupes de jeunes (Sino-Laotiens) allant de maison en maison présenter leurs voeux (déguisement de dragon et danses) et 'taper' un a un les commercants chinois de la ville. Comme chez nous, plus la journée avance plus les jeunes sont 'fatigués', consommation d'alcool aidant. Et puis le feux d'artifice et l'ambiance de fête, laquelle s'est poursuivie mardi... .

 

MARDI 24 janvier   La grande visite dans cette région: le Vat Phou, site préangkorien (hindouiste du Vème siècle) et Angkorien (un site du IXème siècle). Une merveille située contre une falaise dans laquelle est nichée 75 m. au-dessus de la plaine, le saint-des-saints. Nous y étions relativement tôt: la lumière était belle et la température supportable. Des centaines de touristes pèlerins venus du Laos et de Thaïlande notamment s'y sont pressés 30 minutes après notre arrivée (petit décalage bienvenu pour le photographe).

MERCREDI 25 janvier   Belle sortie de presque 230 km sur le plateau de Boloven. Plus de détails ci-dessous. Avons partagé un véhicule avec un couple italien, de grands voyageurs, Marco et Assunta. Nous toucherons à trois provinces ce jour-là: Champasak (dont Pakse est la capitale), Saravan et Xekong. Nous monterons jusqu'à 1300 m. d'altitude (à Pakson). La nature est variée et ce sera une bonne journée pour approcher les cultures agricoles de ces hauts plateaux: café et thé en première ligne, mais aussi cassave, canne à sucre (en plus basse altitude). De très belles cascades et quelques centrales électriques (pour l'exportation au Cambodge et en Thaïlande) prouvent que la topologie est variée. Pha Suam, Ta Phane (très hautes cascades jumelles provenant de deux cours d'eau), de beaux endroits. Nous nous ferons photographier par un professionnel (qui tire et plastifie sur place en pleine nature !), comme nous aimons à le faire. A Tadlo nous déjeunons sur une terrasse ornée d'un arbre de Noel face à un fronton de cascades basses de deux cents mètres de large... vraiment beau. Visites de villages, y. c. d'un qui est habité par une population animiste protomalaise.


Petit aparté: le Laos semble une destination prisée par les femmes voyageant seules ou en petits groupes. C'est une observation personnelle. La sécurité, plutôt bonne, joue certainement un rôle.

JEUDI 26 janvier   Bien arrivés à l'île de Khong où nous résidons face au Mékong chez Pon's Arena Hotel. Un peu plus de 120km de route depuis Pakse, puis traversée en pirogue. Nous entrons en phase, sinon d'hibernation, du moins de vie au ralenti, car ici il n'y a pas grand chose à faire sinon à regarder la vie qui s'écoule. Avons approfondi la connaissance de notre guide d'hier, Iskanda, et de sa jeune femme (mariés depuis 15 jours). Iskanda nous a servi de chauffeur. Nous y reviendrons. 
L'art du fare niente n'est pas facile (ce n'est pas le truc de Jacques qui rêve déjà bateau et moto). Nous avons dormi comme des buches sur une île au milieu du Mékong.... La nuit le trafic est ... nul !
Avons rencontré hier deux véhicules immatriculés en Suisse: un motard bâlois, gros cube genre Paris-Dakar et un gros camion Saurer zurichois superbement équipé: 4 axes dont probablement un minimum de deux en traction avec un container (genre bureau de chantier, avec fenêtres) fixé sur le pont. Nous estimons un habitat de bien 20 m2. Ils semblent faire le tour du monde avec leur engin. Nous n'avions plus vu de tels véhicules depuis nos années africaines.

SAMEDI 28 janvier
Nous sortons de notre île en bateau (que nous partageons avec un couple hollandais) et descendons le Mékong jusqu'aux deux dernières îles avant la frontière avec le Cambodge (Don Det et Don Khon); une heure et demie de navigation. Superbes cascades sur le Mékong, celles qui rendent sa navigation impossible dans ce secteur et qui avaient amené les Français, à la fin du XIXème et au début du XXème, à construire une voie ferrée pour effectuer des transbordements. A l'époque les Français rêvaient d'une voie navigable de la Chine vers le Sud, mais cela ne fut jamais totalement réalisé. Il reste des traces de ce chemin de fer à écartement étroit ainsi qu'une locomotive, un grand pont reliant deux îles (désormais utilisé par une petite route) et diverses autres infrastructures inachevées.
Les cascades sont superbes. Il s'agit de rapides totalement non navigables, sauf (peut-être) pour des kayaks sportifs. Des hommes accrochés aux falaises y pêchent au péril de leur vie, les eaux du Mékong, ici concentrées, y étant très poissonneuses.
Retour paisible (hormis le bruit du moteur) vers 17:00h.

DIMANCHE 29 janvier
Notre dernier jour dans les îles. Jacques loue une moto pour la journée et fait le tour de notre grande île de Khong. A l'extrême pointe un grand hôtel quasi à l'abandon (construit par le premier président du Laos, originaire du lieu). De nombreux buffles passent d'une rive à l'autre à la nage.
Sur la côte ouest, grand marché et petit port faisant face au Cambodge (juste là, sur l'autre rive).
Les routes principales de l'île sont asphaltées, mais il y a pas mal de nids de poule à éviter. Saison du ski oblige, Jacques slalome parfois entre les trous. On fait regonfler un pneu ... idée de se mettre 10 minutes à l'ombre avec un café glacé en boite!
Visite d'un beau Vat, sur la cote ouest, avec de très belles portes en bois sculpté et peint (doré comme il se doit) de style fortement inspiré par l'hindouisme.

Lundi 30 janvier
Dernier petit déjeuner sur notre terrasse posée sur les rives du Mékong. Beau ciel. Notre pirogue est réservée pour 9:30 pour le retour sur la terre ferme ou devrait nous attendre notre minibus.
Nous retournons à Pakse d'où nous volerons vers notre prochaine étape; voyage rapide et facile.

Dernier dîner sur le toit-terrasse de notre hôtel avec cette vue imprenable sur la petite cité.

Mardi 31 janvier
Le cœur gros nous allons dans quelques heures quitter ce Laos souriant, indolent et qui vaut certainement la découverte, aux plans humains et culturels.
Merci de nous avoir suivis jusqu'ici.

 

La  suite  du  blogue,  au Cambodge,  ici  ou  par  l'onglet  approprié.

 


Suite du programme :

 

Aujourd'hui mardi 31 janvier nous volons sur le Cambodge (de Pakse à Siem Reap).

 

 

A + les amis !

 

 

Liste des hôtels dans lesquels nous sommes descendus et brève appréciation.

 

 

 

L A O S Nom de l'hôtel du... au... type Appréciation
Chiang Rai (Thailande) Palm Garden 6-9.1 hôtel Sympa. Tim a ete très prévenant et son équipe agréable
nous a aidé à gérer le stress 'bagages égarés'
Croisiere (Laos) Luangsay Lodge Pakbeng 9.1 bungalow
de luxe
Compris dans la croisière; très chics et superbes bungalows
en bois de rose. 100% dans la nature.
Luang Prabang 1 Ban Lao Hotel 10-13.1 hôtel Correct, grande chambre, équipement en bon état de
fonctionnement. Manque: décoration et management!
Luang Prabang 2 Rama Hotel 13-16.1 hôtel Banal. Equipe très gentille mais qui ne compense pas.
Nous ne recommandons pas.
Vientiane Dorket
Garden 2
16-20.1 guest house Vraiment agréable. Quartier calme devenu bruyant avec
les années, hélas. A part ça: on se sent comme à la maison.
Mme Diamond fait des merveilles pour cela.
Faible isolation d'une chambre à l'autre.
Tha Khek
(Khammouane)
Hotel Riveria 20-23.1 hôtel Un bon choix pour le confort et le service. Le resto est chic et bon.
Cela change de temps à autre de manger ailleurs que
dans des petits bistrots.
Pakse Pakse Hotel 23-26.1
et
30-31.1
hôtel Belles chambres vastes (en mini-suite au 6ème etage). Bon accueil.
Centre ville. Bcp de touristes européens (le patron et le Chef sont Français).
Bon resto : terrasse bien ventilée le soir, sur le toit de l'hôtel.
Don Khong (Île) Pon's Arena Hotel 26-30.1 hôtel

Face au Mékong, chambre agréable avec balcon, ainsi qu'un coin-lecture en terrasse adjacente.

Le patron (M. Pon) est très sympa et qui plus est travailleur acharné, au four et au moulin dès l'aube.

Son site WEB était en panne au moment de la réservation mais un e-mail avait fait l'affaire.

Son resto surplombant le Mékong est excellent (mais on y mange la même chose que partout ailleurs... juste mieux servi et abondant et pour un prix correct.)  :-)