Au Cambodge (après la Chine ...) dès le 24 octobre

Bien arrivés au Cambodge à Siem Reap (Angkor) venant de Guangzhou (Canton) en Chine.
Vol de 2 ½ h. sans histoire ! Le voyage s'est poursuivi vers Battambang puis Phnom Penh (voir carte).

 

Photos du Cambodge : cliquez  ici

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Il y fait très beau et chaud. L'hôtel choisi par Odile est plein de charme. Nous nous réjouissons de ce séjour culturel qui nous retiendra largement 10 jours, voire plus, ailleurs dans le pays.

Lundi 25 octobre:
Nous sommes donc bien arrivés par la chaleur (un petit 32 degrés). Cet après-midi nous avons retrouvé M. Ouk Sa Moeun un guide qui avait conduit Odile et Evelyne sur les sites en 2004 et qui se souvenait d'elles. Il sera notre guide pour les 4 premiers jours puis, aussi, la semaine suivante pour deux journées de visites supplémentaires.

Siem Reap n'a que peu changé. Il y a plus de restos et d'hôtels (certains luxueux), mais souvent peu occupés (trop d'offres et crise économique en Occident nous disent les locaux).
Le niveau de vie de la population semble identique. Trottoirs défoncés et encombrés d'ordures; éclairages des rues bien modestes. Bref, on ne sent pas le dynamisme économique (presque malsain) et humain de la Chine actuelle ni sa propreté bien réelle. Ici nous sommes toujours dans un vrai pays en développement. Les gens sont aimables mais plus solliciteurs. Le tourisme de masse occidental est à l'œuvre depuis des décennies, avec la grande pause tragique que l'on sait ...

Ce soir apéritif à Angkor Village, toujours aussi beau, en souvenir du séjour d'Odile et Evelyne de 2004... Jacques a été impressionné (luxe, calme et volupté...).
Ce qui nous amuse ici en ville, c'est de nous retrouver en compagnie de centaines d'étrangers (Européens, Américains, Australiens) dans les rues et les resto : ..... nous en avons vus plus ici en un jour qu'en deux mois en Chine.

 

Pour les photos du Cambodge voir ici. Vu l'ampleur de la tâche: sans légendes, sauf exceptions...

 

Nous redécouvrons le mérite des siestes, avec pour éventuelle conséquence un peu moins de travail sur le PC ?

 

Dès mardi, découverte des sites d'Angkor, khmer et autres, de la région (certains éloignés de plus de 100 km).

Voici, dans l'ordre chronologique, le programme des 4 premiers jours de visites, tel que réalisé en compagnie de notre guide M. Sa Moeun :

  • Koh Ker / Beng Mealea
  • Angkor Thom (Bayon et ses environs) / Kravan / Banteay Kdei / Ta Prom
  • Angkor Wat / Preah Khan / Neal Peam
  • Banteay Srey / Pre Rup (ou Reup)/  Groupe de Roluos

 

Nous avons aussi visité un petit musée du déminage, celui de M. Akira.

Le Cambodge est en effet un haut-lieu tragique de cette forme d'imbécilité humaine. Des millions de mines anti-personnel y ont été disséminées (et des millions de tonnes de bombes déversées) depuis le moment des interventions américaines contre le Vietcong, puis durant la tragique guerre civile opposant les Khmer Rouges au peuple cambodgien, puis ces mêmes KR aux Vietnamiens...


Le drame est visible à tous les coins de rue avec un nombre d'amputés et autres infirmes rarement vus (sauf en Afghanistan et au Proche-Orient, imaginons-nous).

La région de Siem Reap ayant été le centre des Khmer Rouge, puis leur dernier bastion durant la phase de leur liquidation, un nombre élevé de mines y ont été déposées... même parfois pour une sorte de bonne cause (empêcher les Vietnamiens et Thaïlandais de profiter des troubles pour pillers les ruines si nombreuses et si riches de la région d'Angkor). Certaines des visites que nous avons faites (p.ex. Koh Ker et Angkor Thom) s'effectuent sur les parties garanties déminées (et signalées comme telles) par la commission idoine, afin de relancer la vie des populations et ... le travail des archéologues ainsi que le tourisme culturel.

Cela fait un drôle d'effet de se dire que (peut-être) quelques kilomètres à gauche ou à droite ne sont pas aussi sûrs que le site que nous parcourons en sandales.

Il reste plus d'un million de mines au Cambodge avons-nous lu et chaque année des gens meurent encore ou deviennent infirmes en sautant sur ces horreurs... surtout des enfants.

 

 

Les 4 jours suivants nous visitons les environs de Siem Reap (ateliers d'artisans, musées, ferme de la soie, etc.).

Nous retrouverons M. Sa Moeun les 3 et 4 novembre pour visiter le lac Tonle (Tonle Sap et sa forêt humide)...

Jeudi 28 octobre: nous sommes depuis notre arrivée ici gâtés par un temps superbe... avec les pluies le soir et la nuit.

Vendredi 29 octobre: dernière journée de la première série de visite.

Samedi 30 octobre: grasse matinée.... visites en ville (Artisans d'Angkor).
Travail sur le blogue (pour y placer de nouvelles photos).

Dimanche 31 octobre: visite de la ferme de production et de transformation de la soie (une émanation des Artisans d'Angkor). Retour sur le site d'Angkor Wat en fin d'après-midi pour jouir d'une autre lumière.
Nous y croisons, de loin, Hillary Clinton, de passage dans la région (et qui serait la plus haute personnalité américaine à visiter le Cambodge depuis des décennies).

 

 

 

 

 

 

 (c) photo: AP
 (ben oui, pour 1 fois
  la photo n'est pas de nous)

 

 

Comme le Secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki Moon était dans la région également ces jours-ci, on ne se sent pas trop esseulés au milieu des autres grands de ce monde !!!

 

Lundi 1er novembre:
Visite d'une céramiste. Jacques se met au tour de potier (résultats en relation avec les compétences … pas la peine d'allumer un four).

Après-midi: visite du superbe et tout nouveau Musée national d'Angkor, à Siem Reap (ouvert il y a 2 ans environ). Très belle didactique sur la culture khmer, sur les sources de cette culture (bouddhisme et hindouisme), sur Angkor et Ta Prom. En prime, une superbe salle consacrée à mille statues du Bouddha, en pierre, en bronze et en bois, toutes plus belles les unes que les autres. Une vraie merveille valant le détour pour les amateurs.
Certaines pièces qui avaient quitté le pays illégalement (et trainaient dans des collections privées ou chez des antiquaires) sont de retour; c'est le cas p.ex. d'une tête de roi khmer revenue des USA et qui a retrouvé le corps dont elle avait été arrachée quelques décennies auparavant.

Mardi 2 novembre:
Retour sur les lieux d'une trouble passion esthétique partagée par des dizaines de milliers de visiteurs : Ta Prom.
Puis visite d'un intéressant centre de sensibilisation à l'écologie fragile du lac Tonlei, en introduction à notre journée de demain mercredi. Cette exposition didactique est abritée par une organisation locale (Krousar Thmey) qui gère à Siem Reap une école pour enfants sourds et enfants malvoyants et aveugles.

Mercredi 3 novembre:
Grande excursion le matin sur le lac Tonlei (Tonlei Sap). Quelque chose d'incroyable: en période de basses eaux ce lac a une surface de 2'800 m2 (6 fois le Léman); lors des hautes eaux, le trop-plein du fleuve Mékong le remplit et triple sa surface. Autour du (et sur le) Tonlei Sap vivent quelque 3 millions d'habitants. La plupart habitent sur les berges du lac en basses eaux et disposent de maisons modulables, sur pilotis, leur permettant de rester sur place lors des crues (qui font facilement monter le niveau de 5 à 6 mètres).
Cette population est donc agricole et se déplace sur routes 4 à 6 mois de l'année; et, le reste du temps, vit au-dessus de l'eau en se déplaçant en bateau.
Une autre partie (moindre) des habitants vivent en permanence dans des maisons fottantes (radeaux et bateaux, y c. petits jardins et élevages avicole et porcin flottants).

Notre visite a consisté en un déplacement en voiture en direction de Phnom Penh puis vers le sud. Ensuite nous avons emprunté un bateau à moteur et continué plein sud durant 10 km env. jusqu'aux rives du lac à proprement parlé. Enfin nous avons effectué une intéressante ballade en forêt, presque à la cime des arbres, en pirogue. Vous avez bien lu: une ballade en forêt en pirogue!!!
Autant dire que cela laisse de beaux souvenirs.
Nous développerons un peu les aspects écologiques à l'occasion, car il va sans dire qu'un tel écosystème est complexe est fragile et que l'activité humaine n'arrange rien.

Ce même jour, nous avons encore visité La Porte des Morts (porte Est du Bayon) ainsi que Preab Palilai et le Mebon oriental, autres superbes sites des environs d'Angkor. Nous avons de la peine à suivre avec les photos....

Jeudi 4 novembre: notre dernier jour ici à Siem Reap ! Nous profitons encore de la disponibilité de notre guide pour aller voir quelques gâteries supplémentaires sur les sites: Banteay Samre, Ta Som (un haut lieu secondaire - porte arrière avec ses racines enveloppantes) et, après un dernier bref arrêt à la Terrasse des Eléphants, la Porte Ouest du Bayon d'Angkor Tom, dans un doux abandon.

Nous prenons congé lors d'un savoureux repas (resto choisi par notre guide) de M. Ouk Sa Moeun, guide, et de M. Penh (son prénom n'est pas Phnom !!!) notre chauffeur. Un dream team pour une bonne dizaine de jours. Détail amusant: nous parlons français avec Sa Moeun et anglais avec Penh et les deux communiquent en langue khmer.
Cet a-midi travail sur les photos et, zut!, la carte est trop pleine (avec 3500 images) et l'ordi de l'hôtel ne peut plus la lire. Va falloir trouver un truc...

Ces 12 jours à Siem Reap ont passé comme un rêve... peut-être faut -il préciser que les sites principaux visités se trouvent sur un périmètre immense de la taille du canton de Vaud (pour faire simple) et que l'on se déplace beaucoup.
Certain-e-s, plus jeunes, font les trajets à bicyclette. La moto-remorque (l'équivalent cambodgien du tuk-tuk thaïlandais) est une alternative raisonnable pour Angkor Wat et les sites pas trop éloignés.

Les monuments sont aussi nombreux que les villes que les rois khmer ont jugé utile de construire... à chacun la sienne (ou presque). Ce seraient souvent les limites atteintes par leur système de gestion de l'eau qui auraient marqué la fin d'une période et amené le successeur à construire sa ville avec ses douves et ses bassins à quelques kilomètres de la précédente. On imagine mal l'effort fourni par les populations... sollicitées pour construire ces monstres de pierre d'une beauté inégalée.

Quittant Siem Reap, nous ne pouvons que recommander notre hôtel "L'Auberge du Mont Royal d'Angkor" à nos amis... en particulier pour un long séjour. Nous y avons trouvé le personnel agréable, efficace et sympathique et les lieux biens équipés. La chambre 319 dispose d'un petit balcon avec vue sur la piscine. Comme les autres, elle est spacieuse ainsi que sa salle de bain. Le resto est bien tenu et nous nous sommes sentis à la maison (nous y avons pris le repas du soir une fois sur deux et mangé occasionnellement à midi).


Vendredi 5 novembre: nous sommes partis tôt matin en voiture pour Battambang, à l'ouest de Siem Reap.
Le déplacement : à peine 3 heures sur une route en bonne partie rectiligne et excellente. L'hôtel choisi (Le Cabaret Vert, en l'honneur d'Arthur Rimbaud) est très sympathique, bien tenu par un jeune couple franco-cambodgien avec une bonne fibre écologique : piscine bio (traitement / filtration par les plantes ou "piscine à lagunage"). Une partie de l'eau de douche est de l'eau de pluie et un certain nombre de plats servis dans l'excellent resto sont à base de produits bénéficiant d'AOC locales.
Le temps est agréable (début de la 'saison froide'... on est à 25-28 degrés), mais nous faisons la connaissance des moustiques et autres insectes nombreux, curieusement inexistants à Siem Reap.


Samedi 6 novembre:   
Nous découvrons la ville et, malgré le charme de certains bâtiments, nous sommes un peu déçus. Il y a un côté fortement colonial (petite ville de province coloniale, avec ses rues de commerçants chinois, ses bâtiments administratifs d'apparat), mais Battambang -qui ne voit passer que peu de touristes encore, mais ça commence!- n'offre pas beaucoup à voir).
Jacques est pourtant tombé sur un marchand d'appareils photo de seconde main... et  a des vues sur un Nikon F de 1ère génération, qui semble avoir fait non seulement la guerre du Vietnam mais encore la guerre civile sous Pol Pot et enfin les dix ans d'occupation / libération vietnamienne dans des mains peu soigneuses... L'affaire ne sera jamais conclue... l'appareil étant trop anecdotique et le marchand gourmand.

Dimanche 7 novembre:
Draisine... vous avez dit draisine. Le Bamboo Train nous donne l'occasion de découvrir ces wagons personnels qui, pilotés chacun par un chauffeur qui embarque son petit moteur à essence, emmène qui veut bien payer 5 dollars, explorer la campagne cambodgienne assis sur une petite plate-forme en bamboo, à raz les rails. En fait il s'agit d'un tronçon resté en état de la ligne (1 m. d'écartement) de l'époque coloniale de Battanbang à Phnom Penh lequel est devenu une attraction touristique; cette voie et ces draisines sont depuis longtemps un moyen de transport pour les usagers locaux bordant la ligne. Les croisements sur la voie unique sont mémorables, puisqu'il s'agit de retirer de la voie l'un des véhicules pour laisser passer l'autre, puis de replacer le premier, à la force des poignets, sur la même voie avant de reprendre le rail.

Ensuite nous passons au coucher du soleil à la pagode Vat Ek à 14 km de Battambang .... mais nous arrivons trop tard pour escalader la colline.


Lundi 8 novembre:
Visite de quelques vieilles maisons traditionnelles dans les environs de Battambang et rencontre avec leurs vénérables propriétaires, dont l'une nous dit avoir perdu ses quatre enfants, ses frères et sœurs et ses parents durant les années Pol Pot. Institutrice, elle est partie à la campagne en se faisant passer pour marchande de légumes, ce qui lui a valu de survivre à cette période sombre.

Ensuite nous visitons Vat Samrong Knong, une vieille pagode du XVème qui a dû être désaffectée étant devenue impure: elle a servi de prison et de centre de torture sous le même Pol Pot. Un mémorial-ossuaire sur cette période y a été construit; des enfants y jouent, insouciants.

Demain la route !   Nous serons donc restés 4 jours à Battambang.

Mardi 9 nous quittons Battambang et nous nous rendons à Phnom Penh en voiture. Notre hôtel y sera le Golden Gate.


Mercredi 10 novembre: Nous sommes bien arrivés à Phnom Penh ou le temps est splendide et la chaleur au rendez-vous.
Hier était la Journée de l'Indépendance et nous avons eu droit à des fragments de cérémonies.
Aujourd'hui: organisation de la suite de notre voyage et visite au Musée national renfermant de véritables trésors de l'art Khmer (périodes pré-Angkor et Angkor).

Pour la suite de notre voyage, nous faisons le pari que le volcan Merapi va cesser de faire des siennes et que nous pourrons non seulement nous rendre a Jakarta (vol réservé pour le 24 novembre), mais encore voler vers Bali, depuis Jakarta ou le centre de Java que nous pourrions rejoindre éventuellement en train. Nous aviserons sur place. D'ailleurs, entretemps, nous passerons une dizaine de jours au sud du Vietnam et là tout reste à organiser. Nous comptons faire le trajet Phnom Penh - Ho Chi Minh Ville (Saigon) en bus ce dimanche 14 novembre.

Nous avons eu des nouvelles de Suisse par une bulloise d'adoption et une dame de Château-d'Oex lorsque nous étions à Battamabang. Nous sommes heureux de savoir que vous avez (amis lecteurs... comme on disait dans le temps) bénéficié en Suisse romande d'un très bel automne et arrière automne.

Jeudi 11 novembre:
Visite au Marché russe de Phnom Penh,  puis au Marché central. Jacques y cherche toujours des appareils de photo, mais sans succès.
Dans l'après-midi, nouvelle visite au Musée national (il y a de si belles choses) et ballade sur les quais avec apéro chic sur une terrasse itou. Rien que la couleur de nos cocktails font penser aux vacances (au cas ou nous aurions oublié que nous sommes en vacances...). Couché du soleil sur l'activité du Lac (on pense rivière, mais c'est bien le Tonlei Sap, dans sa partie sud, par laquelle il se remplit des eaux du Mékong en saison de hautes eaux et triple sa surface).

Vendredi 12 novembre:
Jacques a visité, seul,  ce matin, la prison S21 de sinistre mémoire désormais transformée en lieu du souvenir des exaction des Khmer Rouges entre 1975 et 1979. Odile avait déjà visité la S21 en 2004 et ce n’est pas le genre de choses que l’on se réjouit de revoir.
L’occasion - avec ce retour sur l’histoire récente - de prendre conscience que sur le Cambodge il y a avant tout beaucoup à comprendre pour un observateur étranger…
... ce pays, ancien centre d’un très grand empire (lequel au XIIème siècle allait du Yunnan a l'actuelle Malaisie et couvrait une partie des actuels Thaïlande et Vietnam), empire qui s’est effondré au XVème  siècle, est relativement compliqué à saisir.  Il vit aujourd’hui avec la hantise d’être sinon phagocyté du moins dominé par ses puissants voisins (le Vietnam et la Thaïlande) et dominé également, au plan économique, par l'influente et superpuissante Chine.

Un certain stress est donc toujours présent. Et c’est probablement un autre stress qui avait permis au Khmer Rouges de se dévoyer de la façon que l’on sait, alors qu’au début la cause semblait noble: renverser celui (Lon Nol, mis en place par les Etats-Unis) qui avait chassé le roi et donc sapé le pouvoir khmer légitime. Il est vrai que Norodom Sianouk faisait peur aux Etats-Unis, ayant choisi des options économiques et politiques très à gauche…. ceci à une époque (mais là, rien n’a changé) où les USA n’aimaient pas, mais alors pas du tout, tout ce qui pouvait faire penser à du socialisme! (Il n'est que de penser au faux coup d'état organisé en Indonésie pour permettre l'éjection de Sukarno et des communistes et favoriser l'accession de Suharto au pouvoir en 1965-67).

Inutile de refaire l’histoire, mais sa lecture, éclairée par les portraits des hommes et femmes martyrs de la S21, photographiés avant d’être torturés puis exécutés, interpelle quant à la folie humaine.


En fin d'après-midi: petite sortie d'une heure avec un bateau rien que pour nous. L'envie nous était venue la veille en voyant évoluer les bateaux de toutes tailles au coucher du soleil devant les pagodes et le palais royal. Un régal de fraicheur, loin des bruits de la cité.
Un repas pris ensuite au bord de la rivière nous a permis de déguster d'excellents steaks de buffle d'eau (curieusement ce devait être la première fois que nous en mangions, du moins en commandions en toute connaissance de cause). Délicieux.
Au retour, un agréable massage des pieds dans l'établissement idoine voisin de notre hôtel (l'un des milliers de salon destinés à ces soins du corps, très répandus ici et apparemment très prudes aussi, mais néanmoins bien agréables).


Samedi 13 novembre: veille de notre départ, nous allons encore visiter le Palais royal et la Pagode d'argent qui s'y trouve (ainsi nommée parce que son sol est entièrement couvert d'un dallage d'argent massif). Un beau périmètre, les couleurs jaunes et vertes sont bien mises en valeur par le soleil radieux du matin.
Tentative, ensuite, de voir de vieux trains à la gare (désaffectée) de Phnom Penh. Mais il y a anguille sous roche: la gare a été rénovée (crédit de la Banque asiatique du développement) et le périmètre est clos, dans l'attente du re-lancement des lignes ferroviaires dans le pays. Bref: "circulez il n'y a rien a voir !" du moins pas dans les environs de la gare centrale.

 

Chercher un sens, comprendre le Cambodge ?

Même si nous n'avons aucune prétention à comprendre, qui plus est à expliquer à quiconque, le Cambodge, ce pays - son histoire et son peuple - nous a beaucoup intrigué. Plus haut, nous avons avancé quelques éléments des réflexions que nous nous sommes faites à ce sujet.

Nous avons eu le plaisir d'échanger à Phnom Penh avec une intellectuelle Cambodgienne (sino-cambodgienne nous dira-t-elle) revenue des Etats-Unis après avoir fui des l'arrivée de Pol Pot, avec ses parents, à l'âge de 10 ans. Au terme de ses études, elle a travaillé sur les questions d'identité culturelle du Cambodge.
Depuis 7 ans elle est revenue dans son pays natal; ses parents viennent de rentrer des USA il y a deux ans. Nous lui demandons quelques références (fournie ci-dessous, sujettes à vérification des réf. bibliographiques exactes)... et la conversation s'engage.

Selon notre interlocutrice, le peuple cambodgien est coupé de son passé prestigieux et peine à se réapproprier celui-ci. Il y a eu discontinuité entre la période de l'effondrement de l'empire khmer (vers 1430 pour faire simple et sauf erreur) et la période actuelle. Le peuple a fui la région des grandes villes des royaumes (autour d'Angkor, une fois de plus pour faire simple), puis a été dominé, jusqu'à et y compris la période coloniale. Et, phénomène compliquant l'appropriation de sa propre histoire, ce sont les Français, qui lui ont redécouvert, restructuré et donné à comprendre son passé. Les Khmers n'ont joué qu'un rôle très mineur dans ce travail visant à retrouver les traces du passé, à y lire une histoire et à la coucher sur le papier.

Cette spécificité, ajoutée au stress face aux grands voisins (Thaïlande et Vietnam, ainsi que Chine, comme déjà évoqué), contribue, semble-t-il, à faire du peuple Cambodgien ce qu'il est: à la fois fier et peu sûr de lui-même. La forme de sa société restée rurale à 80% (et les Khmers Rouges n'ont fait qu'accentuer ce non-progrès, en promouvant et mettant en œuvre le recul que l'on sait) accentue encore ce sentiment d'infériorité sur fond de grande histoire!

Rarement pays nous aura autant fait réfléchir à son passé, son passé récent et son présent, alors que nous ne le visitions en touristes!
Et son histoire est présente sous nos yeux à chaque instant, avec notamment les victimes des mines anti-personnel déjà évoquées et les terrains marqués ou non "libres de mines".

Ouvrages cités par notre interlocutrice (que nous saluons si elle nous lit) :
1. Penny Edwards "Cambodge, the cultivation of a nation"  (Cambodge dans le titre ! pas Cambodia,
    malgré la langue de l'ouvrage.
2. Philip Schort "History of a nightmare", une (la ?) biographie de Pol Pot.
3. Elizabeth Becker "When the war was over : Cambodia and the Khmer Rouge Revolution".

On nous a aussi signalé "A History Of Cambodia" de David Chandler.

Ce seront certainement de bonnes lectures au moment de notre retour.
Références fournies sujettes à vérification des réf. biblio exactes.

 

 

Nous sommes en novembre, alors :

Heureux anniversaire à  P h i l i p p e   ainsi  qu'à   F r a n c o i s , avec retard et avance respectivement !

Demain matin dimanche 14, ce sera le départ en bus pour Ho Chi Minh Ville au Viêtnam. Nous avons choisi ce mode de transport par commodité, malgré les 6 heures de trajets; c'est aussi dix fois moins cher que l'avion (et pour cette fois-ci nous trouvons que la voie terrestre n'est pas la plus mauvaise) et quand même plus agréable, avec bagages, que la descente sur le fleuve suivie d'un passage à la recherche d'un mini-bus de l'autre côté. A Saigon, nous logerons à l'Hotel d'Indochine... faut pas trop se singulariser tout-de-même.

 

Dimanche soir : bien arrivés à Saigon après 7 heures de bus et trois films de suite avec Angelica Jolie (dont deux "Tumb raiders" y c. celui qui se passe à Angkor Vat.... pour nous faire regretter de quitter le Cambodge).

 

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Photos du Cambodge :  ici.

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(Il y a encore à faire pour placer et organiser de nouvelles photos du Cambodge... faut le temps, la bonne connection internet, le bon poste de travail, etc. ... mais les photos, on les fait, pratiquement chaque jour.... alors patience !)   :-)   10-11-2010 +/+ de retour nous y travaillons aussi, mais avons commencé par le toilettage des textes.