Blogue JacOdi (Voyage Beijing - Bali) suite -page 2- dès le 1er octobre 2010)


suite de la page 1 s'arrêtant au 30 septembre


si vous voulez sauter cette page :  .... ... ... ... suite du voyage (Cambodge): ici 

Voir la liste des pages photos sous la première page ou choisissez dans le menu déroulant du Blogue.
Sinon suivre les renvois lorsqu'ils sont déjà activés.

 

Voir les photos de Lijiang et environs ici !

 

1er octobre  (Vendredi) : Nous y sommes depuis hier midi. Et chic! le soleil est de nouveau de la partie !

C'est la fête nationale chinoise dès ce jour.
Les congés durent une bonne huitaine de jours et tout le pays se met en mouvement à ce moment-là.
De 200 à 300 millions de Chinois se déplacent.  Drapeaux de tous types aux fenêtres.....

Première surprise: l'aéroport de Lijiang n'est plus le tout petit aéroport d'il y a encore trois ans qui faisait assez "aérogare du bout du monde": désormais il est flambant neuf (nous sommes en Chine) et rutile de tous ses aciers chromés, marbres immaculés et vitrages, avec des toits traditionnels en tuile vernissées d'un beau rouge ! Nous apprenons qu'il a été inauguré... la veille, le 29 septembre.
Seconde surprise: la petite route rurale qui menait en ville il y a trois ans a fait place à une autoroute (encore partiellement en construction), mais là, la surprise est moins grande.... des routes nouvelles nous en aurons vues lors de ce voyage dans l'Empire céleste!
Pour le reste, Lijiang n'a pas beaucoup changé (et c'est pour le mieux…) même si l'on peut imaginer que la capacité hôtelière s'est encore développée, aussi intra-muros.

Qu'est-ce Lijiang ?

Une ville classée Site historique et culturel d'intérêt mondial datant d'il y a 800 à 1000 ans env. et dont le trois-quarts des maisons sont encore authentiques, même si leur affectation a été changée en raison de l'afflux de touristes (à 99% Chinois, ici comme ailleurs): guest-houses, hôtels, restaurants et bars se la disputent aux commerces d'articles-souvenirs. Certains tenanciers et leur personnel portent costumes locaux et il y a aussi un vieux avec sa chèvre et quelques autres costumés avec leurs chevaux pour accentuer la couleur locale. Bref: Lijiang est un peu le Zermatt du Yunnan!
Les rues aux pavés grossiers voient défiler les hauts-talons (parfois surplombés d'un minishort) des élégantes de Kunming, de Shanghai ou de Beijing... dont les maris ou amis sont bardés de Canon EOS et d'objectifs d'autant plus phalliques qu'ils en ont les moyens. D'autres touristes se la jouent voyageurs, avec pantalons et chaussures de trek et l'incontournable sac à dos. Imaginez-nous plutôt dans cette catégorie.

Aujourd'hui, nous avons escaladé les 350 m. du mont de la Tête-de-Lion, par un sympathique escalier de plus de 800 marches qui vous laisse un souvenir douloureux dans les mollets. La vue sur le Nord-Ouest, au sommet, valait le déplacement: le Mont Yulon est là, avec ses 5'700 m., malheureusement en partie recouvert de nuages.
Curieusement, pour une montée de cette modeste importance, le service des Parcs non seulement exige que l'on s'inscrive avant de monter, mais encore interdit aux groupex de moins de 4 personnes d'y monter. Imaginez donc  notre 'groupe' de deux se voyant refuser l'excursion prévue pour la journée (pique-nique dans le sac).  Il a fallu monter un peu le ton (délicat en Chine) et expliquer que des Suisses ayant de surcroît excursionné dans l'Himalaya n'allaient pas se laisser faire! Bref nous avons passé outre au grand dam de l'uniformée qui nous barrait la route. Bon, de leur point de vue la raison est assez simple: les sentiers n'étant pas 100% sécurisés, et la forêt vaste, les autorités nous surprotègent ... surtout pour s'éviter des ennuis.

Fin d'après-midi en musique dans le parc, au bord de l'eau, avec des centaines de familles (locales et touristes) et de paysans et paysannes de la région jouissant de leur premier jour de congé. Nous faisons de sympathiques rencontres dont nous vous reparlerons.

Ensuite, dans notre bar tibétain (momos au menu), une petite heure devant l'écran, avec un Irish Coffee et de la musique reggae, pour vous raconter tout cela.

02 octobre  :
Belle journée ensoleillée en compagnie de Laura et ses deux 'sœurs' (en fait ses cousines) dans la petite ville de Suhue.
Laura, Chinoise de Lijiang, a 20 ans et apprend l'anglais dont elle a déjà une bonne maitrise. On parle de ses parents paysans et d'un tas d'autres choses (argent qu'elle n'aime pas comme valeur de toute chose -et nous sommes vite d'accord-; tourisme et histoire récente de la Chine (notamment relations Chine-Japon, un brin tendue ces jours-ci).

Achat d'une doudoune et de sous-vêtements chauds en prévision de la suite au-dessus de 3000 m.

Ce soir nouvelle entorse au régime "cuisine chinoise": ce seront des aubergines façon lasagnes chez nos voisins tibétains.

03 octobre  et 04 octobre : r.a.s.  -  Jours paisibles à Lijiang, visitant les points d'intérêt à petite vitesse. Le temps reste couci-couça ou "ma-ma - hou-hou" comme on dit ici (soit cheval-cheval / tigre-tigre).

05 octobre : jour anniversaire de Jacques, montée en véritable transhumance de Lijiang à  Zhondian (autrement dit Shangri-La). De 2200m à 3200/3300 m.

 

Voir ici les photos de Shangri-La / Zhongdian.

 

Reconnaissons-le, les touristes précurseurs qui se sont lancés dès l'ouverture au milieu des années 1990 ont eu plus de mérites que nous: désormais la nouvelle route est en bonne partie très roulante et depuis la gorge du Yangtze dite du Saut du Tigre (à 1800m. d'altitude, donc plus basse que Lijiang), on ne se voit pas monter. Après quelques passages étroits et quelques lacets on débouche sur une série de hauts plateaux, ensoleillés ce matin, avec des vastes pâturages où, pour la première fois en Chine, nous voyons de grands troupeaux : bovins et caprins (ces derniers sur les pentes abruptes bordant les pâturages) mais aussi de plus en plus de yaks, ainsi que des métisses dzo (yak-vache ou yak-zébu) qui ressemblent aux yaks, mais avec le poil court.

Puis de petites stupas, proches de la route ou sur les collines lointaines, avec leurs drapeaux colorés. Des chevaux aussi, montés par des tibétains en robes (femmes ou hommes) et selles de tapis de laine. Bref : on y est... dans ces faubourgs du Tibet (la frontière officielle, et non pas humaine, est juste là, à quelques dizaines de km).  Cette préfecture est d'ailleurs une préfecture tibétaine autonome de la province du Yunnan.

Nous y passerons trois jours. L'ambiance est 90% tibétaine. La vieille ville de Zhondian a beaucoup de charme; et surtout, malgré le grand congé chinois, beaucoup moins de touristes ne la fréquentent que Lijiang (qui bat des records dans le genre affluence).

06 octobre  :
Visite du principal monastère tibétain de la région (Gadan Songzanlin), qui avait été intégralement détruit lors de la révolution culturelle et qui en est à un stade avancé de sa reconstruction. Plus de 600 moines y résident. L'activité religieuse est présente (preuve en soit une visite dans l'un des lieux sacrés éloigné des principaux), mais le côté touristique domine. Un bus navette oblige visiteurs et pèlerins à abandonner leur voiture 3-4 km avant le site.

Ballade ensuite dans le marché central de Zhondian et dans les rues adjacentes. L'abondance de nourriture frappe, comme elle avait frappé Jacques en 2007 déjà. Les étals débordent de légumes (une variété dépassant largement ce que nous voyons en Europe), de champignons, de viande fraiche (on vous passe le détail, notamment les abats et les têtes complètes en embuscades -- cœurs sensibles s'abstenir...) et de viandes fumées ou séchées.

L'après-midi nous tenterons de faire le tour du lac Napa qui ferme le haut plateau, mais serons arrêtés par la route submergée. Notre chauffeur renonce à juste titre: si un camion, voire une 4x4, passerait facilement, avec 30 a 40 cm d'eau sur 1 km, le risque de noyer le moteur de la Corolla n'est pas nul.
Pour les 4 jours Lijiang - Zhondian et retour nous avons loué un véhicule privé avec un chauffeur, M. Li, qui s'avère un guide aussi avisé qu'expert en anglais; nous avons vraiment eu de la chance et les échanges avec lui sont enrichissants. C'est un Han dont la famille vit depuis 4 générations sur les hauts-plateaux tibétains.

Nous visiterons aussi une maison tibétaine et la famille de 3 générations qui l'occupe, bâtisse imposante dont nous affirmons qu'elles sont grandes et confortables. Elles ont presque toutes 200 m. carrés au sol, avec une solide assise sur un plan presque carré. Au rez, sous la partie à vivre des humains, vivent les animaux. L'étage principal, garni d'un grand balcon couvert en façade, joliment décoré, offre une très grande pièce complétée en sa périphérie d'autres plus petites, les chambres a coucher.
Le toit abrite le fourrage et les réserves de bois.

07 octobre  :
Parc national Pu Dacuo:  une superbe journée passée entre 3300 et 3800 m. Ce parc immense est le résultat du regroupement de deux sites géographiques autour de deux lacs de haute altitude (lac Bita et lac Shudu) au milieu de pâturages et de forêts.
La visite s'effectue obligatoirement en bus navettes qui parcourent plus de 60 km avec les visiteurs et les déposent occasionnellement, à la demande, pour des parcours à pieds le long des berges des lacs.
L'altitude et la beauté des lieux vous coupent littéralement le souffle... malgré une bruine ou une pluie fine occasionnelles. La végétation est colorée comme à l'automne. Les arbres sont garnis de lichens qui tombent de plusieurs mètres comme des cheveux d'ange sur un arbre de Noël. Les lacs reflètent les montagnes avoisinantes (nous ne verrons pas les sommets enneigés en raison de la grisaille, hélas) et les piétons, comme nous l'avions vécu au Canada dans certains parcs, usent de trottoirs en bois, plantés au dessus de terrains marécageux.
Des troupeaux de bovins (yaks, dzos, etc.) et de chevaux paissent dans certaines zones classées pâturages. Nous assisterons à la capture de chevaux au lasso, ces animaux domestiques prenant tellement goût à leur totale liberté qu'ils se comportent comme des chevaux sauvages. Les voir courir en grand troupeau dans ces marécages en soulevant des gerbes d'eau fut un vrai plaisir.  
Il nous amuse de voir nos voisins de bus, passés 3'500m., inhaler de l'oxygène tiré de petites bonbonnes vendues par les marchands à l'entrée du parc: un bon commerce, certainement, à défaut de vraie utilité).

Reconnaissons toutefois que durant ces 3-4 jours passés en haute altitude un léger mal de tête nous a accompagné, même si nous n'avons jamais dépassé 4000m.

L'après-midi, seuls de chez seuls, nous avons gravi de nouvelles marches pour visiter au sommet d'une colline, le minuscule monastère Daboa Si, le plus ancien lieu bouddhiste du Yunnan. Deux moines y vivent au milieu des drapeaux de prière innombrables formant à eux seuls une véritable stupa colorée. Cochons et chèvres en grands nombre complètent le tableau. Nous faisons le tour de cette stupa dans le sens des aiguilles d'une montre comme il se doit.

Un petit clin d'oeil:  en pays tibétain, il est d'usage de contourner les stupas par la gauche (dans le sens des aiguilles d'une montre)... même dans le trafic motorisé. Lorsque une stupa sert de giratoire, les voitures et autres véhicules passent par la gauche... mais les règles de circulation officielles n'ayant pas changé, il est aussi possible de passer par la droite, comme il se doit lorsqu'on roule à droite. On vous laisse imaginer le joli mélange occasionnel des flux !

Voir ici les photos de Zhongdian.

08 octobre  :
Redescente vers Lijiang avec le projet de visiter le torrent de Tiger Leap, torrent formé par l'immense Yangtze passant dans une gorge de 20 m. de large.
Malheureusement les éléments en décident autrement: l'accès est interdit en raison des pluies intenses et des risques d'éboulements (le fond de la gorge dans laquelle on pénètre se trouve au pied d'un à-pic de près de 4'000m., l'un des plus grands dénivelés qui soit sur cette planète). Donc, en matière d'éboulement, on va accepter le verdict des autorités chinoises.... à contrecœur, mais la raison a le dessus.
La route nous donnera raison, jonchée qu'elle est par endroit de gros blocs de rochers fraichement tombés, obligeant à slalomer avec un regard anxieux des passagers vers les hauteurs luisantes d'humidité.

En compensation, nous visiterons le petit village de Si Khu, faisant face à la boucle à 180 degres du Yangtze. Haut lieu historique, en raison de la largeur du fleuve assurant des eaux calmes qui permirent à de nombreuses armées de traverser dans l'histoire. C'est ainsi qu'en 1936 les 18'000 hommes de la Longue Marche traversèrent le fleuve en 3 jours avec l'aide des bateliers locaux et de la population. (voir photos)

09 octobre  :  repos et lecture ainsi que reprise complète du blogue..... en raison des éternels problèmes posés par son édition avec des PC de faible puissance et des bandes passantes aléatoires. Merci à Gael de ses conseils.

10 octobre (dimanche) :
GRAND BEAU TEMPS
Sortie avec de nouvelles connaissances épatantes: Nai Nai (Francoise) et Bernard, un couple de Français sinophone et sinophile, passant leur retraite à Guangzhou (Canton), après plusieurs voyages en Chine et dix ans d'études assidues de la langue chinoise (parlée et écrite).
Nous sommes impressionnés par le niveau élevé de leur connaissance.
Ensemble, nous visitons Baisha où nous rencontrerons, en chair et en os, le célèbre Dr Ho (ou Hu) qui, bonne nouvelle, vit toujours au milieu de sa documentation et de ses herbes médicinales. A 87 ans, il dit (et semble) se porter comme un charme. (Pour les non-initiés, Dr Ho a été, sinon découvert du moins mis en avant par feu l'écrivain-voyageur Bruce Chattwin en 1986 et, depuis lors, il est connu comme le loup blanc. Certains disent de lui qu'il aurait inventé le célèbre Baume du Tigre... . La plupart des TV du monde lui ont rendu visite une fois ou l'autre. Le dialogue avec Dr Ho devient limité, en raison de son âge, et son lieu de vie et de travail semble à l'abandon. Il nous parle en anglais, français et allemand et semble désormais ne plus beaucoup dialoguer sur son travail de chercheur-herboriste.

Après Baisha (et ses fresques murales du XVIème s., malheureusement passablement endommagées durant la révolution culturelle) nous allons à Shuhe (où nous nous étions déjà rendus avec Laura) et prenons plaisir à un repas 'simple' dans le village. Notez que la plupart des repas simples sont délicieux, en Chine.
Au centre de l'agglomération, se tient une grande manifestation de sensibilisation des enfants à la cause écologique: CO2 et baisse des émissions, recyclage, comportements individuels y ont une bonne place. Tout cela en costumes traditionnels ou en sacs poubelles, voire composés de détritus et en musique.
Nous devrions revoir Françoise et Bernard à Guangzhou, lors de notre passage là-bas dans une dizaine de jours, juste avant de quitter la Chine.

11 octobre :
Grand beau temps !

Après avoir fait un tour au marché central de Lijiang, débordant de légumes, de fruits, de champignons, de poissons et de viandes, nous allons une fois encore au Parc du Lac du Dragon pour faire nos adieux à ce lieu qui est aussi beau sous le soleil qu'il peut être pesant sous la pluie.
Rencontre d'un couple de Hollandais qui parcourent le Yunnan avec leurs vélos (amenés des Pays Bas). Il leur reste à monter à Zhongdian ! Nous leur donnons quelques infos utiles, partageons un pain et leur souhaitons bonne chance!

Les marchés, ici comme ailleurs, voient trois publics se rencontrer: les marchands derrière leurs étals, les paysans et éleveurs amenant leurs produits et les acheteurs. S'y ajoutent, pour de bonnes raisons, quelques rares touristes assez courageux pour aller, les pieds dans l'eau, le sang et les épluchures, prendre quelques clichés hauts en couleurs.

Bonne dernière soirée avec Laura, dont prenons congé en l'invitant à dîner. Cette jeune femme de 20 ans nous a promis une visite en Suisse, mais ce sera dans quelques années, car il lui faut terminer ses études puis gagner de quoi rembourser son prêt d'honneur (bourse) et enfin gagner sa vie. Comme elle a du caractère, nous ne serions pas surpris de la voir débarquer un jour sur les bords du Léman. Nous nous promettons de maintenir le contact.
Comme nous avions annoncé à Laura notre invitation pour le repas du soir, elle est venue au rendez-vous avec une série de petits cadeaux d'amitié et une belle carte de voeux, touchante de remerciement; il est fascinant de voir ce souci d'échange et d'équilibre dans la relation. Nous aimons ça !

Demain 12 octobre, nous serons en route depuis 7 semaines, et nous partirons en bus pour Dali (à 200 km au sud), où nous passerons quelques jours; puis ce sera à nouveau Kunming (encore quelques excursions à faire dans les environs) et enfin Canton d'où nous quitterons la Chine en principe le 24 octobre pour le Cambodge (vol direct sur Siem Reap / Angkor).


12 et 13 octobre :
Hier 12 octobre nous avons quitté Lijiang en bus et sommes arrivés sans encombre à Dali.
Sur la route, la vision des travaux des champs était superbe. Ce sont les moissons du riz, à diverses étapes selon l'altitude. Depuis le bus, impossible de mettre tout cela en image (cahots et vitres sales). Fascinant de voir les centaines de paysans et paysannes dans les rizières, occupés à couper à la main les gerbes qu'ensuite d'autres battent, la plupart du temps également à la main. La Chine a, de fait, une politique très raisonnable de maintien de l'emploi rural; mais la mécanisation légère est présente aussi, preuve en soi les nombreux motoculteurs, dans toutes leurs déclinaisons, du modèle simple au modèle transformé en petite voiture ou camionnette.
Ce qui frappe, c'est l'habillement moderne et confortable de ces agriculteurs venus, qui en petite voiture, qui en moto, qui en "tracasset" (motoculteur) et qui souvent ont brièvement un téléphone portable en main !
Certains labourent déjà, au motoculteur ou au buffle d'eau. Hommes et femmes rétablissent la perfection des levées de terre en aplanissant avec une bêche (finitions avec leurs bottes) ces diguettes-bordures délimitant les parcelles et/ou destinées à contenir l'eau d'irrigation. Un travail très soigné, presque d'horloger.   

Malheureusement, à Dali, le temps est pluvieux (nous n'avons pas trop de chance, la météo pour la Chine du Sud, de l'Est a l'Ouest, est maussade pour le jours a venir). Bref: ce seront de petites visites sous un parapluie, massages, pauses repas, Internet pour le blogue et les contacts, grasses matinées ... en effet nous sommes 4 jours ici et les promenades prévues dans la nature (en montagne) ne seront guère possibles.

Nous avons hésité à modifier complètement la fin de notre séjour en Chine, mais nous sommes tenus par certaines dates pour la suite et, la partie principale de la Chine que nous n'avons pas visitée (essentiellement l'Est et les côtes) connait justement une météo exécrable. Allez, en bons voyageurs un poil routard on va s'y faire et avec le programme léger mentionné, faire à mauvaise fortune bon cœur.

GRAND MERCI À CHRISTIAN DE SES CONSEILS POUR CETTE NOUVELLE VERSION !

14 à 16 octobre (à Dali):

 

Le 14, agréable surprise: il fait beau. En taxi nous visitons deux bourgs voisins de Dali (à une trentaine de km), l'un (Wanhuaxi) réputé pour ses maisons Bai authentiques (nous y trouverons aussi un longue ruelle installée en marche permanent). Dans le même lieu, les pêcheurs font des démonstrations de pêche au cormorans dressés (auxquelles nous ne nous joindrons pas).
Le bourg suivant (Zhoucheng) est la capitale régionale du batik. En effet Dali est réputé pour un batik (bel indigo notamment) assez particulier puisqu'il est également assorti de broderies décoratives linéaires d'un assez joli effet. Sont fabriqués également de beaux tritiks (réserve par nouage serré). Un atelier, complété d'un bel espace de vente, offre un beau choix de ces tissus. Sur le chemin d'aller et du retour nous admirons et photographions les travaux des champs.
Un coup d'œil rapide aux trois pagodes (une arnaque à touriste) et la journée est passée.
Le 15 octobre, Le matin il ne pleut pas, l'après-midi ce sera le déluge.  Nous restons dans le vieux Dali.

Vers midi quelques rayons de soleil et une petite pause gastronomique: Jacques s'offre un plat d'écrevisses locaux (il y en a des bacs pleins et nous avons même assisté à la fuite de deux écrevisses qui, c'est le mot, se sont fait la paire sur le trottoir).
Dans l'assiette: d é l i c i e u x.

 

Le soir nouvelle entorse à la cuisine chinoise (voir il y a quelques jours): à notre grande surprise une boulangerie offre un plateau de fromages; on croit rêver. Depuis deux mois nous n'en mangeons plus (sauf de petits morceaux ici ou là pour goûter, notamment celui de yak). Et voila qu'une belle assiette avec 7 sortes (dont 3 importées) vous est mise sous les narines et le palais.... avec un verre de rouge italien. Ça ne se refuse pas!

 

Nous faisons la connaissance d'un jeune couple de voyageurs slovaques qui, après avoir touché l'Australie, effectuent un périple passant par le Tibet et le Népal et qui se terminera en Inde. Tout cela en 3 mois, mais à un rythme raisonnablement lent malgré tout.

 

Le 16 octobre, vu le temps maussade (mais sans pluie) nous finissons notre découverte détaillée du vieux Dali (rappel: la vieille ville ne couvre que 2 km sur 2 environ). Nous commençons par l'Église catholique, de style 100% chinois, qui est la première que nous visitons ici en Chine. Elle fait bonne impression, mais, comme l'ensemble du diocèse, elle a connu quelques vicissitudes depuis 1949. Visiblement Rome la soutient maintenant, car ce ne sont pas les 80'000 fidèles éparpillés dans un diocèse d'une taille quadruple de la Suisse qui peuvent le faire. La congrégation a même compté un père suisse, Maurice Tornay, qui fut assassiné en 1949 (par des lamas tibétains à la frontière du Tibet nous dit une notice…). Tornay fut béatifié par Jean-Paul II en 1992.

 



Par chance ce samedi est jour de marché et toute la campagne des environs déferle sur le quartier ouest de la ville. Elles sont toutes là avec leurs hottes, les jeunes et les vieilles, ayant apporté leur légumes ou leurs volailles et repartant avec des tissus, des chaussures ou du petit outillage pour les champs ou la cuisine.
De nombreuses femmes et quelques hommes (les grands pères plutôt que les pères) portent un bébé sur le dos. Nous nous promenons aussi sur les murs de la ville avec une belle vue sur le grand lac Erhai qui avec près de 300 km2 doit bien être de la taille du Léman.





Demain dimanche 17, levés à l'aube, nous allons prendre notre avion pour Kunming.

Le 17 octobre
Nous traversons Old Dali et New Dali (Xiaguan) avant que les gens ne soient levés.
Le lac Erhai ne cesse de nous surprendre par sa taille. Les quais de Xiaguan ont un air de Côte d'Azur en hiver, avec les appartements chics et hôtels (apparemment vides ou du moins pas encore éclairés) et les bateaux de croisière et de plaisance ancrés le long de la jetée. Entre la ville et l'aéroport, triste paysage de cimenteries à l'horizon; pas une ou deux ... plutôt 4 ou 5, avec grignotage des collines avoisinantes.
Petit vol sans histoire (35 minutes) de Dali à Kunming; avec, aux deux bouts, des aéroports rutilants de propreté, à faire pâlir une technicienne de surface suisse alémanique.

A Kunming, après ces trois semaines en montagne (Lijiang-Shangri-La, Lijiang-Dali) du 30 sept au 17 octobre, nous revoilà dans une grande ville. Nous restons en altitude, toutefois, sous le soleil et dans la fraicheur (nous sommes à presque 2'000 m.).

Ce dimanche après-midi, nous parcourons la ville depuis notre hôtel jusqu'au Green Lake, d'où nous sommes revenus à pied en se basant sur les souvenirs de Jacques de 2007.
Lunch léger dans le parc du Green Lake avec des Pasteis de Nata et eau minérale (les Portugais semblent être passés par là !).
Nous enchaînons avec une grande ballade à pied dans le centre historique en voie de disparition (démolition suivie d'une 'remolition' en faux vieux).
Le New Era Hotel est toujours là, comme le dessinateur Cosey l'avait croqué, mais il est désormais entouré de plus grands et plus modernes que lui.
La ville regorge de monde; c'est dimanche et les milliers de gens dans les rues et les parcs sont en détente : chants et danses ici ou là; jeux d'échec chinois et jeux de cartes... la routine! Même les salons d'organisation de mariages commencent à nous sembler faire partie du paysage habituel.
Enfin un excellent café Capucino dans un bar Charlie Brown / Snoopy; l'un des rares endroits où nous avons pu nous asseoir relativement tranquillement au cœur de la ville, ce dimanche après-midi.... le prix des cafés expliquant la disponibilité de sièges et le fait que l'établissement ne débordait pas de monde !!! Charlie Brown ami des enfants ???.

Le 18 octobre
La forêt de pierre de Shilin (Stone Forest) nous attend. À quelque 80 km de Kunming, par autoroute d'un bout à l'autre en traversant de beaux paysages de montagne et de campagne (plus de maïs ici que de riz). On y est en 1 heure (2007: 2 bonnes heures).
Stone Forest ? Il s'agirait du fond d'une ancienne mer, fond pétrifié qui a, par la suite, subit une impressionnante érosion naturelle. Les structures pétrifiées restantes mesurent jusqu'a 30 m. de haut, laissant autant de vallées entre elles que l'érosion l'a voulu. Cette véritable forêt que l'on pénètre à pied constitue un immense labyrinthe. L'ensemble géologique s'étend sur plus de 300 km2  (trois cents, vous avez bien lu); la partie balisée sur 4 km2 environ. En raison de la complexité de ces formations, et de l'effort que cela peut demander à certains de les parcourir (on monte de 30 m. pour redescendre de 20m. et ainsi de suite pendant une heure ou deux, en passant parfois difficilement l'épaule ou la tête dans les passages très étroits, les Chinois ont même prévu un certain nombre de bornes téléphoniques de secours.

Au retour au terme de la pause déjeuner, nous sommes retardés 20 minutes par l'intrusion d'un chaton dans le moteur de la voiture de location. Minuscule, il s'était faufilé dans un coin dont il n'arrivait pas à ressortir seul. Emoi et photos.

Le 19 octobre

Nous visitons le temple bouddhiste Qiongzhu (ou Bamboo Temple, situé qu'il est sur une colline couverte d'une forêt de bambous). On y voit un bon millier de statues ultra-réalistes, en bois et en plâtre, réalisée à la fin du XIXème s. Ce qui est fascinant, outre la qualité de la statuaire, ce sont les expressions du visage et corporelles toutes différentes les unes des autres. Encore difficilement visibles en 2007, les petits oratoires contenant ces statues sont désormais ouverts au public, mais les photos y sont interdites.

Le soir, nous prenons congé de Ding Yu et passons une agréable soirée en sa compagnie dans un excellent restaurant traditionnel de la ville. Si notre voyage a été par certains côtés si facile, c'est certainement grâce à elle et a nos communications par téléphones chinois (même nos billets d'avion nous arrivaient sous forme de e-ticket par SMS).

Le 20 octobre

Shopping, coiffeur pour les deux et envoi d'un colis postal de 10 kg vers la Suisse contenant nos chaussures de montagne et nos habits chauds (polaires et doudounes achetés pour la phase Lijiang / Shangri-La) ainsi que notre documentation sur la Chine. Vivent les Postes chinoises: ce colis (qui ne nous aura coûté que CHF 50.-) est arrivé dans les temps indiqués (4-6 semaines) et en parfait état. Merci à Christian de l'avoir réceptionné.

Le 21 octobre
Vol sans histoire de Kunming à Guangzhou. Nous observons que TOUS nos vols et déplacements terrestres en Chine  se sont passés sans encombre et en respectant l'horaire; sur 2 mois, c'est pas mal (mieux que sur les routes françaises ces jours-ci, à en juger par l'actualité).
Arrivés assez tôt le matin à Canton (aéroport à 50 km du centre). Nous prenons nos quartiers dans la jolie île de Shamian, ancien quartier diplomatique partagé entre Anglais et Français à l'époque des concessions. Il est plaisant de retrouver des immeubles de style européen et de belles allées bordées d'arbres centenaires. Un petit repas sur une terrasse au bord de l'eau puis visite du quartier 'réputé' pour son marché aux animaux (vivants ou morts) de tous poils, écailles ou peaux. Nous vous épargons les détails.


Le 22 octobre
Nous continuons à explorer : la ville nous plait. Certains quartiers aux rues minuscules (et fermées par des portes) donnent à voir la Chine de toujours... peut-être la plus authentique jusqu'ici. En effet bien d'autres lieux intéressants (les hutongs de Beijing, ou Pingyao voire Shuhe ou Lijiang) souffrent d'être devenus objets de visites touristiques (rappel: à 99% tourisme chinois).
Nous visitons l'immense maison de la richissime famille Chen, consacrée au culte de leurs ancêtres, laquelle devint une  académie de beaux-arts puis maintenant un musée des arts décoratifs. Les bâtiments et la décoration datent du XIXème s., mais sont assez extraordinaires et majestueux. Le musée donne à voir le meilleur de la production de sculptures sur ivoire (pièces magistrales), d'éventails traditionnels (là aussi quelques master pieces) ainsi que du travail sur porcelaine et des expo consacrées à des artistes vivants (terra cota, céramique, peinture sous verre).

Un site bouddhiste au cœur du marché des jades, le temple Hualin construit par les dynasties du Sud (420-589) sous l'influence d'un moine indien (Dharma), nous offre 500 Arhats tout neufs, puisque les 500 statues antérieures, du début du XIXème s. avaient été détruites lors de la révolution culturelle et le temple à demi brûlé. Il est frappant de voir, ici au cœur de Canton, ville marchande moderne s'il en est, le nombre très élevé de fidèles, venant prier dans ce lieu... quelques vieux et vieilles, certes, mais des gens de tous âges, en mini-jupe et hauts talons ou en jeans et blousons. Des centaines de fidèles qui ne cessent d'entrer, brûler de l'encens et prier, et ressortent 5 à 10 minutes plus tard.

Le soir, belle croisière sur la rivière Pearl. Durant une heure et demie nous sommes entourés de gratte-ciels illuminés (couleurs changeantes, c'est la grande mode grâce aux LED) et passons sous des ponts éclairés de la même façon. La nouvelle tour de la TV fait son effet chatoyant dans le lointain (sauf erreur 450m. de haut). Enfin petit resto dans la rue, sous les immeubles immenses; ambiance agréable; plats délicieux.

Le 23 octobre
Après un petit trajet en métro, nous retrouvons sur leurs terres Nai Nai et Ye Ye (Françoise et Bernard), le couple lyonnais sinophone habitant Canton pour leur retraite et dont nous avions fait connaissance à Lijiang.
Le grand mausolée que nous voulions visiter est fermé en raison d'un rafraichissement dû aux Jeux asiatiques qui vont commencer tout bientôt. Nous nous rabattons sur le jardin des orchidées (superbe) dans le cadre duquel nous découvrons un beau restaurant calme (il y a des grands crus classes de Bordeaux à la carte et des Côtes du Rhône de chez Guigal). Repas agréable entre amis avec un service très classe, suivi de la visite de l'immense parc Yuexiu. Nous y montons sur la colline des chèvres, animaux-symboles de la ville de Guangzhou; les dieux étaient descendus sur terre pour aider les humains à surmonter une famine; remontant dans les cieux, ils leur ont laisses boucs et chèvres, désormais symboles de protection et de prospérité.

Le parc contient un musée historique de Guangzhou qui vaut le détour. Nous y verrons également une exposition de porcelaine européenne présentant bien les relations qui, dès le XVIIème s. se sont établies entre la Chine et l'Europe (à l'époque l'Europe copiait largement la Chine).
En contrebas, dans un immense stade creusé à même la colline, nous assistons à une répétition de cérémonies pour les jeux asiatiques (l'équivalent des championnats européens). Toute la ville est sur son 31, et des millions de pots de fleurs ont été places sur les avenues, le long des autoroutes (ou les bermes de sécurité supportent les bacs à fleurs de balcon, côté circulation).

Le soir, nous avons le plaisir d'être reçus chez Françoise et Bernard, ce qui nous permet de voir comment vit la bonne classe moyenne chinoise. L'immeuble est très bien, l'appart charmant, clair et moderne. Dehors, la tour de la TV illumine le paysage de ses arcs-en-ciel LED. Le petit resto du coin nous apporte à manger et le repas est délicieux.

   
Le 24 octobre
Matin encore à Canton.  Sur le conseil de Bernard, visite du marché de gros aux poissons et crustacés proche de notre hôtel. Nous y verrons des animaux que nous n'avions encore jamais vus de notre vie (et pourtant nous avons vécu au bord de diverses mers, et plongé aussi).

Après-midi vol vers Siem Reap (Angkor). La Chine c'est fini pour ce voyage. Mais nous y serions bien resté encore un peu (c'est comme une drogue... et nous avons vraiment aimé et dégusté au point de devenir dépendant). Nous ferons une conclusion plus tard. Mais ici, pour l'étranger, ce n'est que du plaisir et nous n'avons jamais été abusés, ennuyés ou stressés en raison de notre statut de voyageur; JAMAIS). Bien au contraire :  des dizaines de gens nous ont aidé à nous y retrouver (sur un plan de ville, dans un grand magasin, dans une carte de restaurant....).

 

NOUS OUVRONS UNE NOUVELLE PAGE POUR LA SUITE DU VOYAGE

.... ... ... ... suite du voyage (Cambodge): ici 

Nous sommes bien arrivés au Cambodge à SiemReap (Angkor) !

Il y fait très beau et très chaud.

Nous nous réjouissons de ce nouveau séjour culturel qui nous retiendra largement 10 jours voire plus, ailleurs dans le pays.

.... ... ... ... suite du voyage (Cambodge): ici