Blogue Jac Odi : de Beijing à Bali, voyage de 4 mois en Chine et en Asie             août-décembre 2010

 

"For the sake of future reminiscing

draw carefully today the sketch

which tomorrow is thy memory"

Bing Xin ("Stars / Oh youth!" -  Poems)

 

Nous sommes en route. Ce modeste blogue qui squatte provisoirement un onglet de notre site fournit un écho de notre voyage du 24 août au 19 décembre 2010. Nous crapahutons sans PC et malgré cela nous avons pu y placer des photos.

 

NOUS SOMMES BIEN RENTRÉS ! (voir page Indonésie, ici, pour les dernières infos et les conclusions).
                                                                                             Les textes du blogue ont été toilettés en conséquence.

 

Juillet 2011: nous n'avons pas encore fini de travailler sur la version définitive des photos à placer sur ce site (tri et sélection parmi près de 10'000; mise en forme homogène). Nous avons besoin de plusieurs mois encore pour terminer.  Donc: merci de votre patience.

 

Ce blogue est réparti  sur plusieurs pages, avec des pages pour les photos. Il y a des renvois de page en page. Vous pouvez aussi accéder aux différentes pages en passant la souris sur l'onglet  1. Blog JacOdi ci-dessus et en sélectionnant la page dans le menu déroulant.

 

Le but a été d'offrir à nos amis et nos proches un aperçu de notre progression durant les 4 mois que devait durer ce voyage.
Par souci pratique, et pour faciliter sa gestion dans des cafés Internet aux claviers exotiques, les pages pré-organisées ont été remplies au fur et à mesure et  les nouvelles les plus fraîches sont au bas de la partie garnie du tableau ou dans les pages successives (cf ci-dessus).

Bonne lecture!

Vos messages d'amitié et d'encouragement ont toujours été les bienvenus; cela reste vrai avec le blogue : voir l'onglet Contacts & Liens à droite; pour celles et ceux qui ont notre adresse courriel, merci d'envoyer des messages de préférence SANS annexes.


De quoi qu'on cause ?

Notre itinéraire général (Chine, Cambodge, Vietnam et Indonésie)


Un aperçu de notre itinéraire en CHINE


Le début de notre journal, au jour le jour ou presque...,  (texte seulement)
Puis la suite selon les onglets 2 à 5.

 

Les photos se trouvent sous différentes sous-page ouvertes par les onglets ci-dessus

 

Nota bene: les photos du Cambodge sont encore dans un joyeux désordre (mi-nov) !!!!   Sorry !

Les photos du Viêtnam sont disponibles, mais encore incomplètement .... on y travaille (25 nov.) !

Celles d'Indonésie n'ont pas pu être placées durant le voyage ! Ce sera fait au retour.

 

 

22 Août : Jour J-1 : ouverture du blogue, préparatifs (15kg bagages/personne) et dernier bout droit avant la sortie !

 

24 août : Départ: Genève - Beijing (via Amsterdam)

25 août : Arrivée prévue à Beijing à 08:55 du matin.

 

Nota Bene pour tout le blogue:
MALHEUREUSEMENT, durant tout le voyage,  IL NOUS A ETE IMPOSSIBLE D'UTILISER DES CARACTERES ACCENTUÉS. Dès notre retour, nous nous sommes efforcés de revisiter tous les textes et de les accentuer. Certaines erreurs pourraient néanmoisn subsister, merci de votre compréhension, oh! francophones exigeants !

 

BIEN ARRIVES à Beijing PAR GRAND SOLEIL。 Internet pas toujours facile (lenteur, car contrôle !!!!). Mais, y a de la joie...

Cordiaux messages et/ou Bises a toutes et tous !

 

26 août :

Tour des Tambours (du 12e siècle): 24 immenses tambours donnaient les heures (sur la base d'une horloge à eau) et servaient de tour de guet (alarmes incendies). Cathedrale de Lausanne  - Tour des Tambours de  Pékin, même âge et même combat!  Et Tour de la cloche (la plus ancienne et la plus grande de Chine). Tout cela à quelques dizaines de mètres de notre guest house dans le Hutong de notre premier quartier.

Changement d'hôtel et de quartier (voir liste des hôtels dans page spécifique ... en préparation).
Parc Longtan, les puces de Beijing (Panjiayan), en plein air, avec déjà un/deux stands spécialisés dans les appareils de photo (pas d'achat, mais des photos...).

Les terrasses, le soir, par 30 degrés, sont accueillantes et  on y mange (bien) avec et comme les Pékinois.

Les grillons, partout, dans les arbres et parfois, en cage, sur les balcons des immeubles... Suprenant Pékin aux sonorités de Provence.

 

27 août :

La journée s'annonce belle... nous retrouverons des amis et connaissances sur leur lieu de travail ici a Beijing ! Blaise et Pierre nous comprendront.

Demain la grande muraille hors des sentiers principaux battus par les touristes... nous promet notre guide qui nous y amenera en Audi noire "made in China".

 

28 août :

Bon anniversaire Jean Daniel !

Samedi - sortie de Beijing à 07:00h. vers le Nord sur de magnifiques autoroutes, celles qui mènent en Mongolie et (après avoir tourné à gauche) au Tibet. Vers 9 heures nous sommes à pied d'oeuvre. Nous ne nous y attendions que partiellement: nous passerons 4 1/4 h. à gravir la Grande Muraille dans une partie totalement sauvage. Nous y serons parfois en solitaire sur plusieurs kilomètres. Les autres sites de visite de la GM font penser à Disneyland avec leurs immenses parking débordants d'autocars, les queues aux caisses et la foule bigarée en files indiennes; il y a même un téléphérique ! Ici rien de tel: une ascension (le mot n'est pas trop fort) de près de deux heures et demie, par 30 degrés en plein soleil... la Muraille absorbe nos calories superflues. Par comparaison: aussi raide que la montée à la cabane du Hoernli à Zermatt, mais en plus difficile. Bref: nous montons des escaliers irréguliers et pentus ... dans un paysage d'une beauté saisissante, sans âme qui vive partout où porte le regard, avec les grillons (toujours eux) comme compagnons et en foulant des plantes de montagnes qui ont fait souches entre les marches usées et souvent abimées.  Un rêve éveillé: 1) nous y sommes et 2) nous y sommes SEULS ! A peine croyable. Nous rencontrerons en tout et pour tout 10 personnes durant cette ballade de plus de 4 heures. Une fois atteint le point le plus élevé (mais la GM passe son temps à  monter et descendre... nous vous laissons imaginer le dénivellé) le plus dur reste à faire: la descente de l'autre côté ... plus nous progressons plus la muraille tombe en ruine. Certains passages sont même périlleux.

Bref ce fut une belle journée qui aurait dû se poursuivre par un repas chez un paysan et se terminer par les tombeaux Ming... mais le destin l'a voulue différente. Un grave accident dans un tunnel de montagne de l'autoroute (un camion ratatine 7 véhicules dans le tunnel, quelques morts, nombreux blessés...) crée des bouchons de 50 km dans toute la région (nous vous rappellons que la Chine est sortie de sa période bicyclettes et pauvreté...). Nous partons par la tangeante avec notre chauffeur et traversons, au hasard de petites routes qu'il emprunte pour la première fois, une campagne profonde d'une grande beauté et des villages anciens très vivants, à l'architecture traditionnelle bien conservée (la Chine éternelle ???). Le soleil se couche derrière la Grande Muraille transformant l'horizon en fine dentelle.

Nous retrouvons notre hôtel apres avoir traversé Beijing (Pékin) du Nord au Centre ; il est passé 20:00 h et une fois rafraîchis nous sortons manger dans notre quartier animé (il y a même des poules dans les rues, au pied des maisons-tours de 30 étages et des grillons... toujours eux). Une roborante fondue de viandes, champignons et légumes nous remet d'aplomb.

Cette capitale est belle et paradoxalement les développements les plus modernes y contribuent aussi (Beijing Sky Line la nuit...)  sans faire se heurter l'ancien et le moderne, tant la cité est vaste, variée et bien organisée, avec juste ce qu'il faut d'anarchie pour la rendre sympathique.

 

Derriere la GM transformant l'horizon en fine dentelle.

 

  

 

 

29 août :

 

Dimanche avec les Pékinois, sur Tian Anmen et dans leurs parcs... sous un soleil de plomb... joies simples, photos, eau en bouteille et transpiration.
Nous prolongeons de deux jours notre séjour dans la capitale.

La ville est si grande et il y a tant a voir ! De plus nous sommes superbement logés et commençons à savoir prendre le métro et le bus, ce qui fluidifie les déplacements et complète l'option taxis.

 

 

30 août :

Plongée dans le Temple des Lamas (tibétains) de Beijing: ancien Palais impérial, cette lamaserie et tous ses lieux de culte a été offerte aux moines tibétains par l'Empereur en 1732. Depuis lors, ce fût un lieu de culte très fréquenté (sauf, probablement, pendant la période de la révolution culturelle). Aujourd'hui les bouddhistes pratiquant de la nouvelle Chine y sont nombreux. Des centaines de Chinois-e-s y prient, agenouillés et prosternés et y brûlent les bâtonnets d'encens requis par la tradition. Le nombre de lieux sacrés atteint la bonne vingtaine. Le saint-du-saint contient un impressionant Bouddha de 18 m. de haut, taillé dans un seul tronc de bois de santal.

L'ensemble de ce temple a échappé, grâce à Chou-en-Lai, aux dommages voire à la destruction, lors de la révolution culturelle. Un superbe musée y regroupe des merveilles de l'art tibetain, elles aussi préservées. Tous les panneaux explicatifs sont écrits en Chinois, Tibetain, Mongole et Anglais...

Shopping en soirée avec quelques recherches vestimentaires qui nous convainquent que les tailles chinoises n'ont rien à faire avec les nôtres... NON, nous n'avons pas grossi à ce point en une semaine!!! Il y a même une taille XS (Extra-Small) que nous ne pensons pas avoir rencontrée en Suisse   :-)

 

31 août :

Bon Anniversaire Hans-Ruedi !

Nous célébrons le dernier jour officiel de travail d'Odile !  Au repas de gala ce soir: crêtes de coq (ayant renoncé à l'âne frit, on se demande bien pourquoi).

Journée impériale mais épuisante puisque de 09:00 a 16:00 nous arpentons la Cité Interdite (pas vu d'eunuques). Le lieu, visité aussi ce jour par des dizaines de milliers de Chinois-es, n'en recèle pas moins, pour celles et ceux qui ont du temps, des espaces de tranquilité. Les expositions "latérales" moins courues (horlogerie, céramiques et porcelaines, armements, theâtre impérial,...) valent à elles seules la visite. Le reste (le tout) est simplement majestueux et, disons-le, impressionnant.

Mercredi et jeudi: nos deux derniers jours à Pekin!

 

01 septembre :

Bon Anniversaire Rosemarie !

L'Art District 798... voilà encore quelque chose! Rien de moins que le plus grand centre de ce type du monde, regroupant des centaines d'artistes contemporains dans l'enceinte d'un site industriel encore en partie actif: anciennes usines électriques, de matériel électronique, de porcelaine, etc... sur quelques dizaines d'hectares. Les plus grands artistes chinois y ont leur atelier et leur galerie. Les jeunes débutants aussi. Les autres acteurs de ce monde très branché y évoluent; terrasses et restaurants très à la mode... tout cela sur fond de vieux tuyaux, de poteaux électriques vacillants, de cheminées d'usine et... parfois d'ouvriers en tenue de travail toujours employés par les quelques vraies usines fumantes et écumantes qui poursuivent leur activité.

Un lieu étrange et fascinant, tant la qualité de ce qui est donné à voir (et à acheter) est parfois au top du top...  et avec aussi un coté underground assez marqué, des prises de vue de mode figeant de pâles beautés devant des amoncellements de tôles rouillées, etc.

Bien sûr il y a à boire et à manger (au double sens du terme - mais c'est vrai de l'art contemporain également). De grands artistes s'exposent aussi en solo dans des lofts dont le prix de location au mètre carré avoisine celui de nos centre-villes. Autant dire que ces artistes réputés sont chers / chères.

Nous avons parlé avec une designer de mode et avec un opérateur de la virtualité à venir en matière d'art. Son projet: vendre ou louer (avec contrat d'exclusivité) des oeuvres d'artistes connus ou moins connus, dont on ne pourrait posséder que l'image virtuelle de l'oeuvre. Pour un temps, pour longtemps ou alors "pour de bon" et dans ce cas on achète l'oeuvre (peinture, sculpture). Ils ont déjà pensé aussi à introduire ce type d'art sur écran (ou projeté) auprès de l'hôtellerie : les oeuvres décorant la chambre seront celles que le client a choisies.

Bref la vente d'écrans plats a de beaux jours devant soi.

 

Autre sujet: Sans le savoir ni le vouloir, nous faisons partie des dernières personnes s'étant équipées de numéros de téléphone chinois sans décliner d'identité. Depuis ce matin cela n'est plus possible (comme en Suisse). Nous restons dans la légalité, mais le gouvernement aimerait que les titulaires de numéros non-personnels s'annoncent...... toutefois, pragmatique, il se rend compte que la tâche entre plutôt dans la catégorie "opération impossible" : sur les 800 millions de tél. portables en Chine (mi-2010), 300 millions environ sont des 'no-name'. Ces chiffres - comme tout le reste - laissent pantois.

 

Nous avions vu cela au Japon il y a 12 ans: la grande mode ici sont les caniches blancs (comme neige) aux oreilles et queue teintes en rose ou en bleu ciel !

Dans le quartier situé derriere notre hôtel, quelques chats et les poules déjà mentionnées vivent en bonne intelligence. Dans notre assiette ni poule ni chat, ce soir, mais notre premier canard de Pékin...

 

02 septembre :

Demain matin nous quittons Beijing où tout s'est merveilleusement bien passé.
Nous avons eu une chance folle avec la météo (que du beau depuis mercredi de la semaine passée). La capitale a une dimension qui arrive encore à épater des voyageurs fréquents qui en ont vu d'autres.... nous sommes donc heureux d'aller vers de plus petites villes pour un temps..... (Datong et Pingyao). Demain matin sera notre premier déplacement (avec armes et bagages) par train: six heures de "banquette dure" (les habitué-e-s de la Chine comprendront); nous partons avec les nouilles déshydratées et nos baguettes et demanderons de l'eau chaude dans le train. Ce jeudi nous avons visité la Colline du Charbon (juste derrière la Cite Interdite) et les Parcs Jingshan et Beihai, adjacents, où nous faisons une heure de bateau électrique sur le lac (nous avons renoncé au pedalo... nous pédalons déjà pas mal comme cela). Ces parcs regorgent de monuments entourés de jardins superbement entretenus. A chaque petite place (ou carrèment dans les fourrés) des artistes exercent leur art: qui du saxophone, qui de l'accordéon. D'autres chantent. Des groupes de personnes âgées s'exercent au tai-chi ou au sabre, dans de longs mouvements dont on sait qu'ils font fonctionner toutes les articulations. Ici a Pekin, même les espaces verts sont non-fumeurs, la plupart du temps (souvent en raison de la proximité des monuments en bois, mais aussi parce que les balayeurs se passent volontiers de mégots supplémentaires).

Allons-y d'un couplet qui, venant de nous qui ne pouvons (ni ne voulons) renier nos origines suisses, vaut son pesant d'or: Beijing est une ville très propre; plus propre que la Suisse d'aujourd'hui à l'heure des MacDo et autres tristes lieux. Les poubelles sont fréqentes (avec tri) et les balayeurs nombreux. Les rues sont propres, les stations de métro (du centre) sont spotless; dans les parcs, rien n'est jeté par terre; et - cela frappe vite - il n'y a pas de tags sauvages. Alors: une petite réflexion sur la liberté (qui semble sinon impliquer du moins se satisfaire de la mauvaise éducation, de la saleté, des déprédations) vis-a-vis de l'autoritarisme (qui amène ou oblige (?) chacun-e à se comporter de manière socialement responsable et de manière respectueuse à l'égard du patrimoine collectif) ? "Arrête-là mec, tu me prends la tête!" OK, j'arrête, mais Pekin EST propre et ordonnée.

 

Notre dernière soirée à Beijing: danses sous la croisée des ponts d'autoroutes urbaines. De rose vêtus, une trentaine de femmes et d'hommes interprêtent une chorégraphie au son d'un drum band traditionnel chinois (tambours et cymbales) fortement amplifié par la voute basse formée par les routes au-dessus de nos têtes. Il s’agit de gens du quartier, 2e et 3e âge qui pratiquent, avec des éventails, une gestuelle (type tai-chi) mettant en mouvement toutes les articulations. Odile est inviteé a se joindre au groupe… Jacques apprend à manipuler les éventails.

03 septembre :

Départ pour Datong de la Gare de l’Ouest. Train de jour, couchette dure, niveau inférieur. Une bonne solution car elle nous confère un petit espace vital bien à nous; appréciable pour la lecture de Mo Yan. L’eau chaude du wagon restaurant hydrate nos nouilles. Trajet d’env. 400km  parsemé de nombreux tunnels (interruption de la lecture à chaque coup - la journée les wagons ne sont pas éclairés); voies et train très confortables. Plus de 6 heures de train: une bonne première expérience.

Arrivée dans la Province du Shanxi, au climat sec et poussiéreux, que n’améliorent pas les mines de charbon et centrales electriques au charbon… pas vraiment la Côte d’Azur… Dès l’arrivée à Datong (petite ville de 500’000 habitants) la pollution se sent à plein nez et les yeux nous piquent.

Alors pourquoi sommes-nous ici ?

 

04 septembre :

Nous sommes ici pour les alentours de Datong qui offrent trois joyaux culturels: les grottes bouddhistes de Yungang (un trésor de grande qualité), le Monastère suspendu de Xuankong et la Pagode Mu Ta. Tout cela se voit en une longue journée (périple d’env. 200 km que nous effectuons avec un petit groupe sympathique et une guide, Mme Happy).

Les grottes de Yungang (classées au patrimoine de l’humanité en 2001) ont été creusées dans une falaise d’un kilomètre de long il y a env. 1500 ans. Les sculptures (certaines monumentales) du Bouddha font partie de la masse rocheuse. Ce qui frappe, c’est l’excellente qualité de la polychromie. Le site compte 50’000 statues dans 21 grottes principales. De toute beauté !

Cela dit, la Chine moderne est en train de construire un gigantesque écrin kitch de plusieurs hectares tout autour du site dont les travaux titanesques en cours sont assez effrayants. Le but (raisonnable malgré tout) est de diluer les très nombreux visiteurs locaux dans des salles de musée, des parcs de détente, des museum shops,… et de diminuer ainsi la pression sur le site lui-même.

Le Monastère suspendu de Xuankong, qui a été fiché au VIème siècle dans une falaise abrupte, est lui aussi très visité. Il regroupe dans un effort d’harmonie les trois religions taoiste, bouddhiste et confucianiste. Le monument est beau, vu d’en bas… il tourne au Disneyland quand, avec tous les autres, on décide d’y monter: les touristes (comme toujours ici a 99% chinois)  forment une procession chenillante et photographiante qui gâche tout.

Poursuite de cette grande excursion par la visite de la Pagode de bois Mu Ta, à Yingxian, joli petit bourg. Haute de 67 mètres il s’agit du plus ancien et plus haut monument de Chine voire du monde entièrement en bois chevillé; construite il y a 1000 ans (XIème siècle). Ses six étages apparents (neuf étages à l’interieur !) ont supporté tous les tremblements de terre et sa structure intérieure est impressionnante. Elle contient une remarquable statue du Bouddha.

 

Les campagnes du Shanxi traversées souvent à vive allure, sont plutôt pauvres comparées à d’autres régions de Chine; les terres sont sablonneuses et les cultures se limitent au mais et au tournesol. Au retour, nous passons à côté d'une centrale électrique au charbon de dernière génèration avec 4 gigantesques fours et moults tours de refroidissement, qui font penser à une usine atomique (dont elle a la taille). Les cheminées doivent rejeter leur content de CO2.

 

05 septembre :

Dimanche: blogue et repos... on n'échappe a nos propres traditions!

 

06 septembre :

Bon anniversaire Michel !

Jour de départ de Datong pour Pingyao (couchettes molles de jour... compartiment rien que pour nous... luxe calme et volupté; il faut bien cela pour parcourir 350 km en sept bonnes heures d'horloge.)

 

07 septembre :

MERCI à Gael d'avoir mis notre petit message d'attente lorsque nous étions sans accès (ou presque) à Pingyao.

Mardi 7: découverte de la ville ainsi que repos et lecture: Odile lit "Le chant de regrets éternels" de Anyi Wang et Jacques "Beaux seins, belles fesses" de l'excellent Mo Yan. Deux pavés pour le voyage.

 

Résumé : séjour à Pingyao plein d'aventures (pas d'Internet puis deux pannes d'électricité successives de plus de 12 heures chacune dans toute la ville) et de merveilleuses découvertes dans cette ville totalement préservée (même par la Révolution culturelle) et classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Site très beau et méritant bien 3 jours de visite. Nous y passerons presque 6 jours entiers, à notre rythme.


NOTRE HOTEL A PINGYAO (avec son Kang de 3.50 m. x 1.90 m. représentant le quart de la surface de la chambre). Le socle des Kang est chauffé comme les poêles en céramique de nos ancêtres, confort bienvenu dans une région où il fait 30 degrés en été mais aussi moins 20 en hiver.

 

 

08 septembre :

Visite avec une guide locale de la Banque Rishengshang, la première banque d'un système bancaire à vocation nationale et internationale développé au XIXème siècle (creation en 1824). Cette banque aurait été la première à faire circuler en Chine et dans les pays voisins des lettres de créance plutôt que des lingots, moyennant garanties fournies par les clients, lesquelles étaient conservées dans des salles de coffres souterraines. Curieusement, la petite ville de Pingyao fut, pendant une dizaine de décennies, un grand centre financier assurant jusqu'à la moitié des transactions financières du pays. La création d'une première monnaie nationale, tout à la fin du XIXe, a sonné le glas de ce système qui mourut de sa belle mort juste avant la 1ère guerre mondiale.

Ce système comprenait aussi, pour les transports de fonds occasionnels, une branche chargée de la protection avec des hommes armés jusqu'aux dents et entrainés au Kun-Fu le plus élaboré.

La ville compte donc beaucoup de demeures de riches banquiers, pour la plupart ouvertes aux visiteurs en tant que musées (plus ou moins bien présentés).

 

09 septembre :

Tour des remparts (6 km) avec six portes, 72 tours de guet et 3000 créneaux, le tout en excellent état de conservation. Le mur en terre recouvert de briques, de 10 m. env. de haut et d'autant de large (9 a 12 m. selon les endroits), date du XIVe siecle; il est complet (100 m. éboulés en travaux). Une ville nouvelle s'est développée à l'extérieure que nous ne nous ne verrons pas, tant la ville intra-muros avec ses 50'000 habitants offre à voir.

La ville compte également de nombreux temples taoïstes, d'autres dédidiés à Confucius, ou aux dieux de la richesse, de la longévité, de la fertilité et même de l'agriculture, ainsi que des lieux saints bouddhistes.

 

Elle comprend également un Musée international de la photo (malheureusement fermé, les dieux n'étant pas avec nous ces jours-là, malgré nos nombreuses visites à tous ces lieux saints).

Soirée dans un cabaret populaire en compagnie de touristes exclusivement chinois (comme le spectacle forcément, dont on vous passe les détails); suivie d'un verre avec deux jeunes femmes de Shanghai, Nancy et Vivian, aussi amusée que nous par ce spectacle rustique.... durant lequel Jacques - hissé de force sur scène - gagnera un lingot d'or (évidemment faux ). Il vous amusear d'apprendre que ce mini-lingot ne sera pas accepté, plus tard, par les postes chinoises, lorsque nous enverrons un paquet en Suisse avec nos effets chauds personnels (chaussures de montagne, etc.) avant de glisser vers les pays chauds.

 

10 septembre :

Sortie de ville pour une visite au temple de Shuangli qui est une vraie merveille également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Ce site remonte à pratiquement 1'500 ans; il fut construit sous les Wei (du Nord); ce qu'on y voit date pour l'essentiel de 700 à 400 ans, donc des dynasties Song, Yuan, Ming et Quing (la dernière).

Des 2500 sculptures que comptèrent ces temples (en bois et stuc polychrome), il ne reste qu'une bonne moitié. Leur qualité est telle que la visite devra être complétée, retour au pays, par des recherches approfondies. Par exemple, cette salle comprenant autour du Bouddha mille statuettes de 60 à 80 cm de haut, toutes avec une expression différentes.

Dans un autre temple, des sages (Arhats) entourant le dieu principal (de l'Enfer) sont assis dans des stèles en bois délicatement sculpté avec dossier et chapiteaux individuels rappelant les chapitres des abbayes cisterciennes.

Certainement l'un des plus beaux sites qu'il nous sera donné de visiter ici en Chine.

 

11 septembre :

Changement d'herbage réjouit les veaux: nous quittons notre hôtel à midi (il n'y a pas de place pour nous garder jusqu'en soirée) et passons dans un petit hôtel familial, de routards, très sympatique pour y attendre, dans le confort, notre train de 23 heures.

Nous établissons un bon contact avec la propriétaire, Mme Rainbow, qui nous interroge sur les écoles hôtelières en Suisse. Elle nous rendra, sans que nous le lui demandions, un signalé service, en envoyant quelqu'un à la gare s'assurer que nous embarquons sans problèmes à bord du train de nuit bourré d'étudiants retournant sur leurs campus au terme des vacances d'été.

 

En quittant Datong et Pingyao, nous quittons une région particulièrement polluée par les émanations des centrales à charbon. Le ciel n'y est jamais bleu même par grand beau temps et l'air est chargé de poussières fines qui agressent les yeux et les voies respiratoires. Il faut l'avoir senti pour le croire... mais c'était sans compter notre robustesse légendaire... nous en sommes sortis vivant-e !!!

 

12 septembre :

Dimanche... Xi'an enfin, et nous n'y sommes pas seuls ! Une Mecque touristique comme on le sait (les célèbres soldats en terre cuite s'y sont réfugiés sous terre).

Mais commençons par le début: le soir de notre dernier  jour à Pingyao (nous y sommes restés 6 jours, finalement très beaux), nous voilà parqués dans un dortoir ouvert, de 72 lits, où les ronfleurs font un concours du "à qui mieux mieux"! Pendant une petite dizaine d'heures.... cela s'appelle un wagon-lit classe populaire (ici on dit "couchettes dures"). Jacques a béneficié de la place tout en haut: 26 cm d'espace au dessus du nez et 60 cm au niveau des genoux.

Vers 8 h. du matin, c'est l'arrivée à Xi'an. Le pavé nous trouve frais comme la rose... enfin presque... Comme nous avons du temps ici, après la douche à l'hôtel, nous faisons, avouons-le, la grasse matinée dans un lit frais. Nous ne sommes qu'à deux pas de la Grande Mosquée.... En effet Xi'an est la ville la plus orientale de Chine à compter une minorité non négligeable de musulmans; rappelons-nous que cette ville prétend avoir été la tête de pont (plutot: le point de départ) de la route de la soie.

Petit detail technique pour celles et ceux qui attendent des photos: nous venons de commencer à en tirer quelques-unes en petit format de manière à pouvoir en placer sur le site... mais cela oblige à une certaine discipline: changer le mode et surtout ne pas oublier de remettre ensuite le bon format en place sur l'appareil. En effet avec notre Canon G11 nous travaillons volontairement avec des formats assez lourds pour pouvoir retravailler ensuite les photos, retour à domicile. Mais ce G11 offre toutes les possibilités de traiter les images (recadrage et diminution de la résolution).... toutes fonctions que je n'avais jamais encore exploitées.

Donc le flux des photos va pouvoir commencer, pour le meilleur et pour le pire; à vous de juger.

 

13 septembre :

BON VOYAGE EN TOSCANE A CHRISTIAN et EVELINE !

 

 

Premier jour de visites à Xi'an (capitale de la Province Shaanxi) et organisation de la semaine.
Intra-muros nous visitons la Tour des Tambours et la Tour de la Cloche (des incontournables en Chine, un peu comme nos beffrois).
La ville est grande, bruyante, poussiéreuse sous un soleil de plomb. La construction d'un métro n'arrange rien côté silence et absence de poussière, évidemment.
Mais comme à Beijing, elle est propre, passée, ici et là, au peigne fin par une armada de balayeuses et balayeurs. C'est un grand pôle touristique avec de nombreux très grands hôtels internationaux.
De plus, imaginez une ville de plus de 8 millions d'habitants comptant près d'un million d'étudiants, 400 centres de recherche, plus de 20 universités.

Comme ailleurs en Chine, la circulation est en passe de devenir le problème no 1. Le pays a produit 13,8 millions de voitures neuves en 2009. Selon le China Daily d'hier, dans un article défendant la branche "le marché reste à conquérir ... surtout dans les petites villes et les campagnes. En effet 744 millions de gens vivent dans les régions rurales" !!!
Notre quotidien est marqué par nos ébats d'équilibristes, aux côtés de tous les autres piétons, consistant à survivre au milieu de ce trafic.

14 septembre :
Introduction à notre visite au site de l'Armée enterrée (Bingmayong) du premier empereur Qin... dans le district de Lintong, sur laquelle nous ne nous étendrons pas, tant ce trésor parfois appelé huitième merveille du monde est bien connu.
Voir in situ cette nécropole extraordinaire (un humain, des milliers de soldats en terre cuite) reste une expérience inoubliable, malgré la foule immense qui la visite. Ce ne sont pas moins de 21 millions de visiteurs qui font annuellement le déplacement, dont un seul million venus de l'étranger.
C'était notre journée archéologique puisque nous avons visité également le site néolithique de Bampo, récemment doté d'un très beau musée (à la muséographie moderne et de qualité, ce qui n'est pas toujours le cas en Chine).

Cette même sortie nous a permis de visiter la Grande Pagode de l'Oie sauvage, datant du 652 après JC, qui abrite tous les écrits et documents du moine Xuanzang. Il est l'un des rares à avoir - à l'époque - visité tous les sites bouddhistes en Inde et jusqu'en Afghanistan dont il a ramené des écrits fondateurs de Bouddha. Cette pagode est sur un plan carré, totalement inhabituel ici ou la base est habituellement octogonale.

15 septembre :
Visite extra-muros à un marché d'antiquités autour d'un temple taoïste (Temple des Huit Immortels) ... caramba encore raté: pas d'appareils de photo! Mais le temple vaut la visite quand on est dans le secteur.
Plus tard visite de la Grande Mosquée de Xi'an, tellement bien cachée qu'il nous a fallu du temps pour la débusquer au cœur du quartier musulman.
Par chance nous y étions à la fin de la prière et avons pu y croiser les fidèles (masculins exclusivement) la quittant. Pensez mosquée ... voyez un temple chinois presque comme les autres. Edifiée en 742 après JC sous la dynastie Tang.

Toutes ces visites de lieux sacrés (souvent vastes) sont autant d'occasion de détente et de repos, isolés qu'ils sont des bruits et des pollutions de la ville.
Mais nous aimons aussi parcourir les rues surpeuplées et odoriférantes à souhait (le meilleur y côtoient le pire) et même à nous arrêter pour déguster un petit quelque chose: cet après-midi une brochette d'œufs de cailles et des fruits confits de toutes sortes.

16 septembre :
Ce jeudi, encore une très belle journée chaude et ensoleillée ici a Xi'an. Visite du célèbre Musée Beilim dit "de la Foret des Stèles", qui abritent des stèles gravées et sculptées remontant jusqu'au 2ème siècle après JC. Grande beauté et variété des styles des idéogrammes. Ces stèles sont souvent montées sur des socles zoomorphes (tortues ou dragons, p.ex.).
Les érudits ont conservé pendant ces deux millénaires des textes importants de Confucius ainsi que du Bouddha, certains même ayant fait un détour par les Nestoriens (stèles en caractères syriens anciens et chinois).
Des artisans produisent devant nos yeux, par décalques, des exemplaires sur papier de ces grands textes fondamentaux.
Le Musée Beilim comprend en outre une remarquable section toute récente consacrée à la statuaire bouddhiste.... La Province du Shaanxi est depuis trois mille ans une province de très haute culture et d'importance politique. Plus de dix dynasties d'empereurs chinois s'y sont succédées.
Point de départ de la route de la soie, Xi'an a été très tôt en contact avec le bouddhisme puis l'islam de manière très systématique.
Les pièces bouddhiques présentées sont parmi les plus belles qu'il nous ait été donné de voir. Certaines ont été exhumées aussi récemment que 2003 et 2004. De pures merveilles trouvées dans les sols destinés aux gratte-ciels... certaines en parfait état de conservation .

Dans le même quartier (vers la porte sud de la ville) de nombreux artistes ont élu domicile et surtout des calligraphes. Fascination et plaisir de les voir travailler, soit à la demande soit en tant que copiste de textes classiques qu'ils connaissent parfois par cœur. Les commerces alentours vendent pinceaux, brosses, pierre à encre et précieux papiers, ainsi que la soie qui bordera les plus beaux chefs-d'œuvre.
Sous les arbres, des gens chantent ou jouent d'un instrument... les grillons (omniprésents en Chine) font toile de fond.

17 septembre r.a.s.


18 septembre : visite du superbe Musée d'histoire de Shaangsi.

19 septembre :
Dimanche: bien arrivés, par avion de Xi'an, à Chengdu, capitale du Sichuan. Notre hôtel est agréablement situé dans un quartier piétonnier du cœur de la ville moderne et bien vivante (c'est le moins qu'on puisse dire!).
Température au max (34° C)... nous sommes des damnés du beau temps chaud... peut-être en préparation aux climats tropicaux qui vont suivre en octobre/novembre.
À une heure de vol de Xi'an... déjà une autre culture; nous y reviendrons.

20 septembre :
Chengdu (2e jour) : nous quittons tôt Chengdu pour une excursion dans la région de Leshan à 150 km au sud. Enfin une occasion de parcourir sur cette belle distance une campagne de rizières.
But de notre excursion: le Grand Buddha de Leshan, monument de 71 mètres de haut taillé en 713 dans une falaise au confluent de deux rivières et achevé un siècle plus tard.
Le site compte 2 collines où pavillons et pagodes sont nichés dans une végétation luxuriante et suintante. La température excédant les 34 degrés et l'humidité ambiante frisant les 95%, nous renonçons à atteindre par un escalier l'orteil du Grand Buddha qui garde toute sa sérénité malgré l'afflux de visiteurs lui chatouillant cet organe (l'ongle du gros orteil est si grand que l'on pourrait y pique-niquer en famille).

Autre visite, plus exclusive, celle des Falaises Aux Mille Bouddhas (dynastie des Hans de l'Est) situées le long d'une rivière à Jiajiang. Beaucoup de sculptures ont souffert de déprédations ou sont simplement usées par le temps, mais le charme opère. Jiajang est un petit village habité exclusivement par des cultivateurs. Un système d'irrigation datant des plus de 1000 ans, semble--il, longe ces vestiges. Cette vision d'une Chine rurale éternelle nous réconforte après toutes ces mégapoles qui nous servent de base pour l'instant.

Sur le chemin du retour nous prenons la mesure des défis que la Chine se lance à elle-même; à trois reprises de gigantesque embouteillages sur autoroutes doubleront le temps de notre voyage (plus de 3 heures au lieu de 2 à l'aller).
Délicieux repas du soir, composé de 12 plats (moyens et petits), dans un très beau cadre avec fond de musique traditionnelle chinoise. C'est la découverte de la cuisine du Sichuan, connue pour être l'une des 4 meilleures de Chine. Les épices y jouent une subtile symphonie, très en douceur.

21 septembre :
Chengdu (3e jour) : Jour de pluie et d'orage: forte chute de température: de 34 à 26 °C... nous allons quand même survivre !

Sortie en ville (idée de se reposer de la grande sortie d'hier): 4 cm sur le plan de ville... 20 bonnes minutes de taxi ***/.

Sur place, au temple taoïste de Quingyang Gong (centre du taoïsme de la province du Sichuan) nous essuyons un orage magistral qui nous fait apprécier la sérénité des lieux ainsi que les larges avant-toits de l'architecture chinoise traditionnelle. Nous attendons une bonne heure que l'orage passe en compagnie de visiteurs locaux qui, profitant de l'orage, du vent et de la pluie récoltent les (petits) fruits tombés au sol de deux vénérables Ginkgo, juste à maturité: une chance pour ces herboristes que ne rebute pas la pluie battante. Ces dames feront des noyaux de ces fruits des tisanes très recherchées par les personnes âgées, car apportant vitalité et éléments nutritifs au cerveau. Nous avions déjà vu à Xi'an, un vieux monsieur récolter les feuilles d'un jeune Ginkgo... qui, par gestes, nous avait expliqué (le monsieur, pas le ginkgo) tout le bien qu'il en retirait (feuilles en tisanes également, croyons-nous avoir compris).

Chengdu, comme Xi'an, est en train de construire son métro... sur le pont d'être inauguré (automne 2010 avons-nous lu). Les chantiers n'en sont pas moins encore très présents, avec, sur des kilomètres de palissades, des photos d'urbanisme idyllique... comme si il y avait un avant et un après.

Incident: hier nous parcourions une avenue où se construit un nouvel hôtel Hyatt; à vue humaine, il fera 60 à 70 étages; ce n'est jamais que l'un des 50 gratte-ciel en construction ici à Chengdu. Des ouvriers-acrobates s'affairent en façade, suspendus comme des araignées à bien 100 m. du sol. Tout-a-coup : émoi dans une ruelle (suivi d'un déboulé de voitures de police, 2 minutes plus tard): un casque de chantier jaune vient de tomber (sans l'ouvrier, dieu merci); il git là, fracassé. Oooops !

***/ A propos des distances dans les grandes villes chinoises: un beau grand plan de ville que l'on déplie bras ouverts, qui ne couvre parfois que la commune urbaine (donc pas tous les quartiers ou villes satellites), peut facilement couvrir une superficie de 20 km sur 20. Inutile de dire que les petites rues n'y figurent pas. Et ce qui semble constituer trois rues (à notre échelle mentale) représente 3 avenues distantes de 500 m ou plus l'une de l'autre. À pied, on se trouve vite piégé par ces distances immenses. Bref: on parcourt à pied au mieux son quartier (deux trois blocs à gauche et à droite, guère plus). La plupart des villes d'une certaine importance comptent désormais entre 5 et 10 millions d'habitants, sans parler de l'agglomération qui ajoute facilement 50% de population à ce chiffre.

 

22 septembre :

Jour des Pandas et du Musée du site archéologique de Sanxingdui

Le Centre de recherche sur la reproduction des Pandas à 12 km de Chengdu abrite quelques dizaines de pandas géants et des pandas rouges.

Très tôt le matin, ils reçoivent au milieu de ce grand parc (une vaste forêt de bambous) leur ration de bambou et de compléments alimentaires puis, pour notre plus grand plaisir, évoluent et s'amusent devant nos yeux. Cette partie est en effet un zoo spécialisé dans la reproduction des pandas, reproduction dont on sait qu'elle est l'un des points faibles de ces ours débonnaires. Cela est dû à leurs capacités limitées dans la nature de s'accoupler ainsi qu'à la gestation imprévisible (entre 95 et 300 jours, selon les grossesses) et au poids très faible à la naissance (les petits sont parfois si petits que la mère ne les voit pas et les écrase).
En bref: tous les nouveau-nés panda sont des prématurés (ils pèsent 120 à 200 gr, l'adulte pesant de 50 à 100 kg). C'est une anomalie de la nature et peu de bébés panda survivent à leur venue au monde .... d'où le problème bien connu de leur rareté.

Le centre effectue notamment des fécondations artificielles avec grand succès. Nous avons vu deux petits de 1 mois et deux de 2 mois (interdiction de photographier !!!), les deux premiers encore en couveuses.

La vraie question: le panda va-t-il perdurer dans la nature ?   Il y en aurait environ 1500 encore, mais leur environnement tend à se réduire comme peau de chagrin.

La vue des animaux vaut quand même la visite, tant ils sont aimables, joueurs et amusants.

POUR LES PANDAS, voir ICI !

 

Dans l'après-midi, nous visitons encore

un extraordinaire musée, inauguré au début de cette décennie,
entièrement consacré aux trouvailles effectuées sur le grand
site archéologique de Sanxingdui (à Guanghan, à une quarantaine de km
au nord de Chengdu) royaume de Chu.

Les pièces en bronze présentées ci-dessous datent de la période tardive de Shang, c'est-à-dire de 3'600 à 3'200 avant J-C !

 

POUR LES PHOTOS VOIR ICI !

Les deux immenses masques qui suivent, totalement symboliques, font près de 1m 50 de large pour plus de 60 cm de haut....

Ils comptent désormais parmi les plus belles choses qu'il nous ait été donné de voir dans notre vie.

Yeux protubérant et grandes oreilles symbolisaient une vision philosophique portant au plus loin.

Les autres masques sont plus ou moins de taille humaine (de 20 à 40 cm de hauteur selon le cas).

 

De la même epoque,

cette statue de bronze de 2m 61 porte une couronne en forme de lotus qui represente le dieu du soleil

Toutes ces pièces ont été trouvees en 1986... c'est dire si l'archéologie chinoise nous réserve encore des surprises.

 

De nombreux objets en jade remontant à la même époque (celle des premières pyramides d'Egypte) ont également été retrouvés.

 

23 septembre :

 

Départ par train pour Chongqing où nous sommes bien arrivés ... sous la pluie
après un voyage en train très moderne et rapide (pas un TGV mais quand même 200 km/h. de vitesse de croisière) à travers de belles campagnes. Cette ligne est toute neuve, en site propre; elle a fait baisser le temps de trajet de Chengdu a Chongqing de 5 ½ à 2 heures.

La ville de Chongqing a mauvaise réputation car elle forme le cœur de la plus grande agglomération "urbaine" du monde, qui compte 35 millions d'habitants, il est vrai sur une surface plus vaste que le Suisse. Il s'agit d'un district spécial de développement économique visant à diversifier ces zones actuellement concentrées sur les côtes de l'est du pays (région Shanghai etc.).
La ville a aussi joué un rôle historique lors de la guerre contre le Japon (capitale de la résistance) puis durant la période 1939-45 où elle abrita le Kuomintang (Guomindang). Elle vit se dérouler (puis échouer) les négociations avec les communistes. Alors, elle accueillit aussi deux millions de réfugiés.

En fait Chongqing a toujours été un important port intérieur, à la jonction du Yangtze (Yangzi) et de la rivière Jialin.

Aujourd'hui cette ville fait plutôt penser à l'enfer version moderne: elle possède donc un charme infernal difficilement descriptible.
Imaginez, pour ce qui est du centre du centre, une péninsule comparable au cœur de la ville de Berne (ou à Manhattan), prise entre les deux fleuves. Longueur: plus de 6km, largeur entre 1 ½ et 3 km, suivant l'endroit. Cette péninsule est escarpée, reliée aux autres berges par une dizaine de grands ponts (certains immenses), trouée de plusieurs tunnels pour voitures et/ou piétons. Les flancs sont en outre zébrés de routes en surplomb, accrochées comme l'autoroute du Léman au dessus de Chillon, ainsi que de voies de train aérien tout aussi acrobatiquement fichées dans les parois. On pense à ce qu'Enki Billal ferait de tout cela sur ses planches à dessin.
Et puis, nous allions oublier l'essentiel: dans ce paysage déjà dantesque, totalement modelé par l'homme (sauf la péninsule elle-même), sont fichés un nombre incalculable de gratte-ciels: neufs, délabrés, en construction, en rénovation.... de tous les styles, placés n'importe comment, sans harmonie, sans distances entre eux... notre hôtel qui ne compte que 30 étages fait assez modeste dans ce fouillis urbain.

Pour terminer ce riant portrait, ajoutons que Chongqing est connue pour sa météo composée essentiellement de pluie et de brouillard; avec, lorsqu'il fait beau, un petit air de fournaise (la semaine précédent notre arrivée, il y faisait 40 degrés, aujourd'hui on voit à peine la skyline en face à cause de la pluie et de la brume et il ne fait que 20 degrés).

25 septembre :  ALORS POURQUOI PASSER PAR LÀ  ?

Il y a deux raisons touristiques habituelles: les gorges du Yangtze et leurs célèbres croisières (Bill Gates, Warren Buffet et bien d'autres y ont passé nous dit une pub) et Dazu. Nous renonçons à la croisière (décision prise antérieurement, mais la météo nous renforce dans cette idée). Par contre, nous nous précipitons ce samedi à Dazu pour y voir les sculptures bouddhistes et taoïstes des XIème et XIIème siècles, absolument superbes.
Et puis, pour beaucoup de Chinois et de visiteurs, toutes sortes de raisons professionnelles les amènent à Chongqing : notre hôtel, comme beaucoup d'autres, regorgent de congressistes; les usines et centres de recherches sont innombrables. Chongqing aspire à devenir la Silicon Valley de la Chine du XXIème siècle.

Les sites de Dazu (voir les photos ici)

(il y en existe plusieurs dans une vaste zone de la taille du Canton de Vaud; nous n'en verrons qu'un seul.

Site syncrétique bouddhiste et taoïste des XIème et XIIème les falaises de Dazu ont été sculptées entre 1179 et 1249, avec des ajouts et réparations jusqu'au XVIIème.
Superbe statuaire en relief creusée à même la roche présentant (outre la statuaire traditionnelle) de nombreuses scènes de la vie courante (à titre didactique ou symbolique) ou des menaces liées à l'enfer promis aux mauvais sujets et autres mécréants.


Petites observations qui n'ont rien à faire avec Chongqing
Nous avions compté avoir croisé (parmi les millions de gens déjà côtoyés - et nous n'exagérons pas) moins de 5 femmes enceintes en 4 semaines; le péril jaune du siècle passé n'est guère d'actualité. Par contre, bien que la population soit vieillissante (et on croise plus de personnes âgées ici qu'ailleurs en Asie ou surtout qu'en Afrique) l'impression qu'il y a beaucoup de jeunes prévaut. Cela est dû au fait, probablement, que hommes et femmes ont l'air jeune relativement longtemps, grâce notamment, pour les hommes, à leurs cheveux noirs teints.
Autre remarque: il n'y a ici pas de migrants d'autres continents. Probablement que des flux existent venant de pays voisins, mais ce ne doivent être que des gouttes d'eau dans cet océan.

26 septembre :
Hier samedi nous avons visité le musée Stillwell, consacré à l'aide américaine à la Chine durant la 2ème guerre mondiale.
En effet Chongqing était la capitale de la Chine non-occupée par les Japonais à cette époque et, avec Kunming représentait deux des trois pointes d'un triangle d'appui des forces antifascistes (luttant donc, dans cette région, contre le Japon), le troisième (double) sommet étant en Birmanie et en Assam indien.

Avant l'attaque de Pearl Harbour des "volontaires" américains s'étaient déjà engagés du côté des Chinois, comme pilotes de chasse essentiellement (les Flying Tigers). Dès Pearl Harbour les choses se sont simplifiées et l'engagement US aux côtés des Anglais, des Australiens et des Canadiens a été officialisé (entrée en guerre) et est devenu assez massif: un pont aérien amenait jeep, armes et munitions depuis l'Assam sur Kunming notamment et de nombreux avions de chasse et bombardiers furent aussi livrés à la Chine.

L'intérêt du musée est de reconnaitre cette période de soutien, de donner à voir de nombreux documents historiques, de ne pas passer sous silence le fait que les Etats-Unis soutenaient à la fois le Kuomintang (Guomindang) de Tchang Kaï-chek et Mao et son PCC déjà en mouvement et très actif dans la lutte contre les Japonais.
Selon les explications fournies, c'est justement cet équilibre recherché par le général Stillwell (un Américain qui parlait bien chinois car il fréquentait le pays depuis 20 ans au moins avant la guerre) qui finit par déplaire a Washington qui le remplaça en 1944. Mais Stillwell reste un personnage important dans cette période trouble de résistance à deux volets (chien et chat) à l'envahisseur japonais.

Voir ici quelques photos prises au musée Stillwell (en préparation).

27 septembre : Nous visitons le Musée des Trois Gorges qui montre la richesse du Yangtze et l'histoire millénaire de son utilisation intense par l'homme. Le musée ne cache pas que des pans de cette histoire et de nombreux sites archéologiques et des habitats humains importants ont été appelés à disparaitre lors de la création des grands barages de retenue des trois gorges. Un certain nombre des vestiges sauvés des eaux ont leur place dans ce musée. De riches sections culturelles (porcelaines, textiles, échanges monétaires) font de ce musée un remarquable ensemble mértant largement deux-trois heures de visite.


28 septembre : nous avons volé de Chongqing à Kunming, capitale du Yunnan.
Plein sud... et pas mécontent de quitter Chongqing... où il n'a guère fait beau (brouillard et pluie).
Arrivée à Kunming à 14:00 h. Réception à l'aéroport par Mr Song, le mari de Mme Ding Yu, notre fidèle appui qui nous a passablement aidé (à distance et par SMS) à organiser ou réorganiser notre voyage.

29 septembre :  Bon anniversaire Jérôme !

Revenons au vol Chongqing - Kunming: tout s'est bien passé et malgré un violent orage au moment de l'arrivée, nous retrouvons un peu de soleil (et une certaine fraîcheur) ici à Kunming, capitale du Yunnan. La particularité de cette ville (l'une des petites grandes villes de Chine avec ses 4-5 millions d'habitants) est d'être située à env. 1'900 m. d'altitude, ce qui expliquerait une première nuit ici un peu agitée: nous peinons à trouver le sommeil.  

Hélas, mercredi 29 septembre, la pluie poursuit son travail d'abondance.

Pour la suite en Chine, dès le 1er octobre, voir la 2ème page ici.